La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

s'rL y EUT DU SOCIALISME DANS LES CAHIERS DE 1789 655 leur assure de quoi vivre; 3° que l'impôt ne vienne pas diminuer leur gain. Assurer du travail à tous est peut-être le devoir le plus sacré de l'État. Il devra donc créer des fabriques ou des ateliers ou, en tout temps, tous trouveront de l'ouvrage et auront un salaire suffisant. Les salaires sont actuellement à des chiffres dérisoires à cause de la dépendance ou sont les ouvriers de ceux qui les emploient. Quand l'État aura assuré un salaire convenable :i ses ouvriers, les fabricants seront également obligés d'augmenter les leurs pour ne pas les perdre, et ils seront ainsi mis hors d'état d'exercer contre eux, Jans toute sa rigueur, la dure loi de l'offre et de la demande. Enfin, pour empêcher que l'impôt n'empiète sur le nécessaire des ouvriers, on exemptera des contributions directes tous ceux qui seront au service de l'État; de plus leurs salaires seront augmentés du montant présumé de l'impôt indirect. Ici encore les industriels ne pourront se montrer moins généreux que l'État sous peine de ne plus trouver de bras pour leurs manufactures. Il est impossible de méconnaître le caractére tout à fait socialiste et assez curieux pour l'époque de ce projet d'organisation du travail. Assurément moins original, DeYérité, l'auteur de La Vie et les doléaucesd'un pauvre diablepour servir de ce qu'on voudra nux procbains Etats-Gé11éra11x, se livre à une critique amére de la société moderne et de l'existence qu'elle inflige aux « pauvres diables ». Le manouvrier est le« mulet des armées » qui plie sous le faix. Que lui importent les lois de la propriété? Il ne possède rien que ses bras dont il perd l'usage dans sa vieillesse. La loi ne le protège pas. Il paie plus d'impôts que le riche, et pourtant « les impôts devraient être en proportion géométrique ascendante avec les fortunes et croître avec les degrés du superflu ». Un revenu de cent écus par an est un minimum qui, dans la réalité, est bien rarement atteint. L'opulence s'accroît indéfiniment aux dépens de ceux qui ont peu. Une loi agraire est impossible : au moins faut-il prendre des mesures de détail pour soulager la multitude. Une des plus utiles serait peut-être la suppression des machines dont le développement a amené une baisse énorme des salaires. Sans elles, jamais le propriétaire n'aurait pu faire la loi aux travailleurs. Elles ont commencé par conférer un avantage à ceux qui en ont usé en premier; leur usage s'étant généralisé, elles n'ont plus été qu'une nouvelle cause de souffrances pour l'humanité. Si l'on estime dangereux de les supprimer tout d'un coup, au moins faut-il en cas de crise économique en arrêter le fonctionnement afin de donner du travail à plus de bras. Dans le Cahier du quatrième 01~dre·, Dufourny de Villiers s'attaque à la division actuelle des classes. Il faut en faire une autre·d'après la ,,

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