LA REVUE SOCIALISTE parent les substances destinées au peuple». Le Cahier d'un seigneur de Nor111a11die est rédigé en vers : Que la propriété soit à tous assurée Et notre liberté par la loi confirmée. Tout terrain en commun, pour mieux se cultiver, Doit en commun se vendre ou doit se partager. Un chacun, s'il le veut, clora son héritage. Peut-on être privé d'un si grand avantage? Des ateliers publics OU\'erts aux mendiants Les empêcheront tous d'être des mendiants. La Colèredu pèreD11chê11e s' xcite à l'aspect des abus. « Quand je vois des hommes manger~ un seul repas ce qui suffirait à la subsistance de dix familles dans un an, cela me f. .. âche et beaucoup. » Les Quaire cris d'u11 patriote se font entendre avec violence. « Il est à craindre que la multitude pauvre, proscrite par l'avide égoïsme des propriétaires, ne foule aux pieds les titres inhumains de la propriété. Nourrissez le peuple, ouvrez des ateliers, donnez des terres à défricher. Garantissez les propriétaires de l'insurrection terrible et peu éloignée de vingt millions d'indigents sans propriété. » Il est rare de trouver un langage aussi menaçant. La plupart des autres brochures que l'on pourrait signaler (1) se contentent d'exprimer sur le même ton que les cahiers des doléances analogues. Il suffit d'analyser avec quelque détail les deux ou trois principales qui nous feront connaître, en même temps que le ton général, ce qu'il y a de plus saillant dans les vœux présentés en faveur du quatrieme état. L'auteur des Vceuxde la dernière classedu pe1tpleà l'assembleedes 11otables déclare prendre la défense de ceux qui n'ont ni propriété, ni richesse, ni état, ni droits, « de ces sujets enfin qui, n'ayant de ressource pour subsister que l'emploi de leurs forces et de la plus commune industrie, ne vivent que précairement des gages ou salaires qu'ils gagnent journellement ». Dans leur misérable condition au moins faut-il : 1° qu'ils aient toujours du travail; 2° que leur travail (1) Doléa11cedsu pauvre peuple adrerrresa11xÉtats-Gé11éra11x. - Ltr droits de l'homme et du ciloym. - A nos seigne11rsles Élats-Gé11éra11xo, bservatio11smr les mbsistances généraleset rnr les 111oye1d1'sy pourvoir. - Le premier pas à fai,·e 011le cri dt l'indigence. - La Cbasseaux 111011opoleuertsc,. Je signalerai en particulier les Doléances d'un citoyen a11xÉtats-Gélzéraux de France, Indépendance, Égalité, Probité, Pbilosopbie. L'auteur est un brave avocat de Coutances, nommé Nicole, qui déclare, par amour pour le roi et la France, renoncer à tous les privilèges de son ordre et désirer voir établir exactement « l'égalité de la fortune et la dignité des citoyens». Peut-être, toutefois, y aurait-il de la folie a refaire le partage des terres; et Nicole se contente finalement de demander qu~ l'on empêche les excès de l'inégalité.
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