La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE premiers entrepreneurs vendront donc d'après la valeur moyenne du •marché, les seconds recevront moins qu'ils n'ont produit eux-mêmes •et enfin ceux qui ont produit dans des conditions exclusivement ·avantageuses recevront plus qu'il n'ont produit. De cette manière la •valeur du marché ou la valeur sociale des produits des différentes entreprises dans une branche donnée de la production déviera de la valeur individuelle de chacune de ces entreprises, et cette valeur du •marché comprend les valeurs individuelles les plus diverses. S'il y a ·trop de produits ou trop peu par rapport aux besoins de la société, cela signifiera qu'on a employé trop de temps de travail ou trop peu comparativement :'t la quantité socialement nécessaire; par suite chaque unité de cette marchandise sera vendue au-dessous ou au-dessus de la valeur sociale moyenne, si bien qu'il nous faut distinguer de la valeur du marché le prix du marché; l'une et l'autre ne coïncident en réalité que très rarement. Le prix du marché peut être aussi bien au-dessus qu'au-dessous •de la valeur du marché. Il sera au-dessus dans le cas oü il y aurait •trop peu de marchandise sur le marché et au-dessous si le marcht'.: est surchargé. « Pour que la marchandise soit vendue <l'après sa valeur de marché - dit Marx - toute la quantité du travail social qui aura été cm ployé à la fabrication en masse de telle ou telle marchandise doit correspondre exactement à. la totalité des besoins sociaux, c'est-à-dire des besoins sociaux qui pourront être satisfaits à prix d'argent. La concurrence et les fluctuations des prix du marché, correspondant aux fluctuations des rapports de l'offre et de la demande, tendent constamment :'tramener à cette proportion toute la_quantité du travail employé pour chaque cspece·dc marchandises » (r). La concurrence force les capitalistes d'une branche de production à produire dans les mêmes conditions que leurs collègues et par cela même, elle ramène le profit obtenu par chacun d'eux à une proportion moyenne dans telle ou telle branche donnée. Nous comprenons maintenant comment les différentes quantités de la plus-value obtenue dans les entreprises isolées sont ramenées à un profit moyen, au moins dans les limites d'u11eseule et même branche. Il faut se demander maintenant de quelle manière la plusvalue produite par chaque branche dans des proportions diverses •arrive à être répartie ensuite entre toutes les branches de telle sorte que chacune d'elles reçoit en gênerai un taux de profit égal. C'est là encore un effet de la concurrence, mais de la concurrence des capitaux engagés dans les différentes br-anches. Elle crec les prix de produc- (1) Capital, 1. III, p. 144.

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