La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

s'rL Y EUT ou SOCIALISME DANS LES CAHIERS DE r789 64 > des écrivains indépendants et celle du « quatriéme ordre >l, qui n'avait pas été appelé à rédiger ses vœux. III Les cahiers sont naturellement les documents les plus importants. Sauf exception, en effet, les brochures ne nous donnent que des opinions d'individus ou de collectivités restreintes. Les cahiers, au contraire, émanent de collectivités toujours importantes et souvent considérables. La grande majorité des cahiers secondaires des bailliages et des sénéchaussées ont été publiés dans les Archives padementaires. Quelques autres ont été publiés a part. Une partie des cahiers primaires des paroisses a été insérée dans le 'mêi;ne recueil. Un grand nombre d'autres ont été publiés dans divers ouvrages et le sont journellement. Beaucoup, encore inédits, ont été analys~s ou reproduits partiellement. Le nombre des cahiers inconnus va donc diminuant sans cesse. Assurément il est encore considérable; et il faut ajouter qu'un certain noinbre doivent être considérés comme perdus ou détruits définitivement. Nous ne connais~ons donc pas, a beaucoup près, la totalité des cahiers personnels, pas même celle des cahiers secondaires de 1789. Il n'en est pas moins vrai que nous en possédons la très grande majorité et qu'il est possible de formuler, d'après l'étude de cette masse de documents, des conclusions tout ·à fait générales et Yalables pour la question qui nous occupe : Jusqu'à quel point y eut-il des p~éoccupations soc~listes dans les cahiers de 1789? La réponse, telle \ qu'elle résulte d'un examen approfondi des pièces, est fort simple : Il n'y en a à peu prés pas trace. Il n'y a pas un seul cahier dans lequel apparaisse le désir d'une rénovation générale de la société et uae hostilité réelle contre l'état de choses existant. On dira qu'il eût été dangereux d'exprimer des vœux de ce genre. Sans doute, mais il aurait pu en apparaître quelque chose. Il se trouve des réclamations ardentes, indignées? amères : il n'y a pas un vœu tendant au bouleversement,, de la propriété. On demande le maintien du gouvernement monarchique, l'égalité devant l'impôt; des réformes judiciaires, administratives, économiques, etc. Quelques écrivains ont soutenu que les demandes relatives à la dépossession du clergé et à l'abolition de certains droits féodaux avaient un caractère socialiste. Nous aurons a revenir longuement sur la signification de ces mesures en passant en revue les actes révolutionnaires qualifiés de socialistes. Pour le moment, nous nous bornons à constater que, si -

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