La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

ANALYSE DU TROISIÈME LIVRE DU « CAPIT AL i> DE ~fARX 6 I corporativ~ des métiers, jusqu'a ce que les moyens n~cessaires de production employés dans une branche n'aient pu être que difficilement transportés d'une branche dans l'autre et que les différentes' sphères productives aient dû se comporter les unes à l'égard des autres en une certaine mesure comme des pays étrangers ou des communes indépendantes. Mais dans les pays capitalistiques, l'échange des marchandises se fait selon leur prix de production. Pour que les prix d'après lesquels les marchandises sont échangées correspondent approximativement à leur valeur, il faut trois conditions : 1) que l'échange ne soit plus occasionnel; 2) que les marchandises échangées soient produites en quantité correspondante aux besoins de chaque partie - on y parvient par tâtonnement; - 3) enfin, qu'aucun monopole ne vienne fausser la vente. « La supposition que les marchandises des différentes branches de la production se vendent d'après leur valeur· signifie sans doute, remarque Marx, que leur valeur est le centre de gravité, autour duquel oscillent leurs prix et au niveau duquel leurs hausses et baisses continuelles tendent à s'équilibrer» (1). Marx entre encore a ce sujet dans quelques explic.ations que nous allons relever rapidement. Quand l'échange se fait sur un marché, il faut tenir compte de la . valeur du marché et du prix du marché qui ne coïncident pas toujours avec la valeur individuelle du produit. Pour bien comprendre cela, il faut remonter à l'explication donnée par Marx dans son premier volume. Il y démontre que toute la somme du travail nécessaire à la société se trouve répartie entre les différentes branches de la production et cela proportionnellement à la quantité de produits que la société demande de chaque branche prise à part. Mais comme les produits de chaque branche sont élaborés dans des conditions trés différentes, on voit, si l'on considère les entreprises isolées, que la valeur individuelle du produit de quelques-unes d'entre elles coïncide avec la valeur moyenne ou sociale et que pour d'autres qui produisent dans des conditiôns moins bonnes elle est au-dessus de la moyenne, tandis que pour d'autres encore qui produisent dans des conditions plus- avantageuses elle est au - dessous de la moyenne. Mais au marché toutes les marchandises de la mê'me qualité sont ramenées à la valeur moyenne du marché. « La fixation d'une même valeur de marché et d'un même prix de marché des différentes valeurs individuelles, c'est la précisément· et avant tout l'œuvre de la concurrence dans une branche quelconque de l'industrie » (2), dit Marx. Les (.1) Capital, 1. III, p. 131. (2) Ibid., p. 133.

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