60 LA REVUE SOCIALISTE plus-value est produite. Ces deux parties du capital s'appellent l'une : la part constante (instruments, matériaux) et l'autre: la part variable (salaire). Le rapport de la plus-value au capital tout entier constitue le taux du profit. Il sera différent selon que changera la « constitution organique » du capital, c'est-à-dire le rapport entre la part constante et la part variable, et sera plus grand dans le cas où la part variable, c'est-à-dire l'emploi du traYail vif, sera relativement plus grande, comme nous l'avons vu dans l'exemple cité ci-dessus. Or, comme dans les diverses entreprises la constitution organique du capital se trouve être suivant les cas très différente, comment donc se fait-il que le taux du profit soit toujours le même pour tous les capitaux? Ces différences dans la constitution organique des divers capitaux peuvent se compenser par les différences qu'il y a dans la durée du travail, dans son intensité et par la diversité des salaires, enfin par la vitesse plus ou moins grande de la circulation des capitaux, de telle maniere que tous les capitaux, quelle que soit leur constitution organique, finissent par donner un même taux de profit. Si, par exemple, un capitaliste employait vingt ouvriers dans une entreprise pour laquelle un autre n'en emploierait que dix, ce dernier pourra obtenir la même plus-value et partant le même profit, en les faisant travailler doublement, etc ... Mais toutes ces compensations possibles ne suffisent pas selon Marx pour expliquer l'égalité du taux de profit pour tous les capitaux. C'est par la concurrence que les différents taux de profit sont égalisés et ramenés i un taux moyen et cela de telle manière que les marchandises ne sont plus écoulées d'aprcs la valeur, exprimée en travail socialement nécessaire, mais scion leur prix de production, qui est égal à la quantité de capital constant usé, plus le capital variable (salaire), plus enfin le taux de profit moyen établi par la concurrence. C'est ainsi que dans les sociétés capitalistiquement développces certaines marchandises se vendent au-dessus et certaines autres au-dessous de leur valeur. L'échange des marchandises d'après leur valeur réelle existait dans les temps primitifs, l'échange d'après les prix deproduction exige un certain degré de développement capitalistique. L'échange d'après la Yaleur, dit Marx, est de rigueur quand les moyens de production « appartiennent aux ouvriers, comme cela avait lieu dans l'antiquité, ainsi que dans le monde moderne pour les paysans travaillant sur leur propre terre et pour les métiers » ( 1). De même que cette condition économique· a été de rigueur dans ces situations primitives, de même aussi elle a conservé ses effets dans les situations postérieures, basées sur l'esclavage, dans l'organisation (r) Capital, 1. III, p. 131.
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