ANALYSE DU TROISIÈME LIVRE DU « CAPITAL» DE MARX 59 parus aprcs· la mort de l'.rnteur, - le lectp1r _ne trouvera pas toute la masse d'cxen1ples tirés de la vie èconomiquc contemporaine qui dans le premier illustraient les principes théoriques de l'auteur et les rendaient plus accessibles. Aussi les faits manquent-ils dans la plus grande partie du livre présent. Ils sont ·accumules par contre dans la, cinquième division, qui ne présente qu'un amas de matériaux très précieux, mais non encore élabores definitivcment - cc qui devait sans doute avoir lieu postérieurement, - C'est pourquoi ce volume exige une plus grande tension d'esprit et une attention plus soutenue, mais néanmoins il est strictement scientifique et couronne dignement l'œuvre de l'auteur. * * * Les deux premières divisio11s du present ouvrage sont consacrees à l'étude de la transformation de la plus-value en profit et de ce dernier en profit moyci1. Ici gît une difficulté à laquelle beaucoup d'économistes se sont butés sans pouvoir la résoudre. Nous nous· expliquons : « Scion la loi de la valeur de Ricardo, deux capitaux employant la même quantité de travail vif, égâlement salarié, produisent - les autres conditions restant les mêmes - en temps egal des produits d'une même valeur, ainsi qu'une •plus-val Lie d'une importance égale. Et s'ils emploient des quantités inégales de travail vif ils ne pourront pas produire une quantité égale de plus-Yalue, ou, comme le disent les adeptes de Ricardo, un même profit. Mais dans la réalité, quelle que soit la quantité de travail vif employé, des: capitaux égaux produisent en temps égal des profits de même importance. Il y a donc là une contradiction que ni Ricardo, ni son école. ne furent en état de résoudr,c » (r). Prenons deux capitaux de ro,ooo francs. Si par exemple un capitaliste emploie pour 5,ooo francs de travail, tandis qu'un autre n'en emploie que pour 3,000 francs; si d'autre part nous supposons que le travail irnpay<'.:- source de la· plus-value - constitue ro pour roo de salaire, le premier deYra obtenir 500 francs de profit et le second 300 francs. Le taux de profit pour le premier sera donc de 5 pour roo et pour le second de 3 pour roo. En réalité cela '!e se passe jamais ainsi et les _capitaux, quelle que soit la quantité du travail _vif employée, donn.ent ·un même taux de profit. Marx résout cette contradictio1;i de la manière suivante : pou1: obtenir la plus-value ou le profit, le capitaliste _fait deux sortes de dépenses, celles pour les instruments de la pr9duction et les matcriaux bruts, et d'autre part celles pour le travail vif à l'aide duquel cette (r) Formulation du problème par Engels.
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