622 LA REVUE SOCIALISTE travailleur par l'homme-capital~te, aussi bien que les monarchies et les autres républiques bourgeoises. Et, il y a quelques mois, les autorités du canton de Genève ont expulsé, pour des motifs purement politiques et de police, non seulement des socialistes, mais un républicain italien, M. Borghetti, très étonné de voir un républicain expulsé d'une république! C'est-à-dire que les socialistes, en se déclarant antimonarchistes, affirment hautement que la succession historique inévitable est et doit être de la monarchie absolue à la monarchie constitutionnelle et de celle-ci a la république. Mais ils affirment aussi qu'il est inutile de gaspiller les forces de la propagande seulement pour un changement de forme de gouvernement; car si nous ne conquérons pas la confiance du peuple en lui démontrant que la propriété privée est la source de toute misère et oppression, nous n'arriverons qu'à faire changer d'habit la classe dominante : au manteau d'azur d'un monarque elle substituera l'habit rouge d'un président, voilà tout! C'est donc en cc sens que les socialistes ne se déclarent pas républicains, car se dire républicain en Italie signifie encore se dire républicainbourgeois, ou du moins ne pas l'exclure d'une façon ouverte et absojue. - Mais nous travaillons pour la république sociale ! nous répondent les républicains, ou, du moins, les républicains collectivistes, tels gue le député Colajanni. - Bon, répondent les socialistes : mais le meilleur moyen et le plus st'.1rpour arriver à la république sociale c'est encore et toujours de faire de la propagande socialiste! La seule propagande de la république ne révolutionne pas les consciences et n'empêche pas que, lorsque la monarchie sera destinée à tomber, elle ne soit remplacée par une république bourgeoise, puisque l'on a laissé les consciences populaires dans le préjugé bourgeois de « l'association du capital et du travail ». Et la proclamation de la république ne serait alors qu'une ruse de la classe dominante pour continuer sa domination et son exploita - tion en changeant seulement la couleur de son habit. Je ne nie pas que la substitution d'une république, même bourgeoise, à une monarchie ne soit pas un avantage relatif; car on changerait, au moins, le personnel des bureaucrates, généraux, magistrats, députés, préfets, sur lesquels s'appuie maintenant la monarchie. Mais je dis que cet effet est trop restreint et superficiel pour donner a sa réalisation les énergies de la propagande socialist'e, laquelle doit, au contraire, travailler à ouvrir les yeux aux classes exploitées et opprimées. Et du reste, les socialistes sont les premiers à regretter_ que les
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==