R-ÉPUBLICAlNS ET SOCIALISTES EN ITALIE 621 chie en Italie est soutenue par les conservateurs grands propriétaires de terre des provinces méridionales; tandis que même les conservateurs ou libéraux (capitalistes industriels) de l'Italie septentrionale (Lombardie, Piémont, etc.), n'ont pas un esprit monarchiste tres orthodoxe, et ils ont même déclaré, lors de la guerre en Afrique, d:rns leurs journaux (Corriere della Sem, de Milan) qu'ils sont monarchistes par réflexion, mais que la république est certainement une forme« plus rationnelle » de gom·ernement; de sorte que si la monarchie cessait d'être utile << aux intérêts de la patrie» (c'est-à-dire de la classe dominante) ils pourraient bien lui préférer une république. C'est donc encore la condition économique prédominante dans la plus grande p::irtie de l'Italie (agriculture primitive et extensive) qui détermine foncièrement la condition politique. Attribuer au parti socialiste les responsabilités de cette condition politique, c'est faire du supersocialisme sociologique. En effet, ce qui a contribué, au contraire, à la constitution moins désorganisée du parti républicain, ce qui n'est arrivé que depuis deux ou trois ans en Italie, a été justement la conduite du parti socialiste. Avec notre tactique de ne donner au premier scrutin nos \'Otes qu'à un candidat ouvertement socialiste, en nous réservant de donner nos suffrages dans le scrutin de ballottage aux candidats d'un parti politique régulièrement organisé, qni soit plus proche de notre programme, nous avons poussé plusieurs candidats radicaux à se déclarer républicains et le groupe parlementaire républicain à se constituer, pour la première fois, après les élections générales de mars 1897. Le malheur est que le parti républicain, justement parce qu'il n'est que le représentant politique de la petite bourgeoisie et des artisans - entre le parti conservateur des propriétaires-capitalistes et le parti socialiste des prolétaires urbains et agricoles - le parti républicain a été frappé dans ces derniers temps par un arrêt de développement. Son programme, formulé par le député Bovio et publié en 1897, n'a pas même osé nommer le mot de rép1iblique, qui ne retentit presque jamais dans les discussions parlementaires, tandis que les députés socialistes affirment toujours le socialisme dans la Chambre des députés. En effet, l'œuvre du parti républicain, par son secretaire très actif, M. Pirolini, se réduit à faire l'apologie de la république ... suisse, malgré les conditions économiques et politiques de cette république, tout a fait semblables a celles de la république française ou américaine, sauf quelques différence.s telluriques et partant économiques et sociales. La république suisse, en effet, connaît l'exploitation de l'homme-
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