La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

/ \ RÉPUBLICAINS ET SOCIALISTES EN ITALIE républicains soient toujours absents (sauf quelques exceptions en Lombardie), non seulement des mouvements économiques du peuple en misère, mais aussi des revendications des libertés politiques d'association et de réunion, que la police nie aux partis populaires. C'est là une fonction politique que nous, socialistes, nous regrettons de ne pas voir accomplie avec plus d'énergie par le parti républicain, en dehors et dans le Parlement. Du reste, il y a un exemple caractéristique pour démontrer que le meilleur moyen pour réaliser la Yraie république (car Jaurès avait parfaitement raison de dire que seuls les socialistes sont les vrais républicains) c'est toujours de faire la propagande socialiste. Les socialistes, en effet, en ayant déclaré que 'fa religion est une affaire privée, sont occupés aussi de ne pas combattre le cléricalisme. Au contraire, nous ayons toujcurs répondu que le meilleur moyen de faire de l'anticléricalisme, cc n'est pas de frapper directement les croyances et les préjugés rel:gieux du peuple, mais c'est de lui donner une conscience libre et éclairée, justement en lui donnant une conscience socialiste. Et voilà que ces jours-ci les journaux conservateurs d'Italie publient, avec grande surprise, que les femmes héroïques de Molinella, qui font maintenant leur grève contre un travail homicide dans les riziè{es, sont toutes ëtes misérables et des anticléricales. Et les reporters conservateurs ont constaté, avec douleur, que, dans les chambres misérables des cabanes ou ces femmes végètent avec leurs familles, les images des saints catholiques ont été, depuis des années, remplacées par des portraits de socialistes révolutionnaires. Voilà l'effet de la propagande socialiste. C'est qu'en donnant à l'homme une conscience socialiste on lui donne la conviction morale et intellectuelle la plus révolutionnaire à tous les points de vue, car le socialisme représente le plus haut degré d'évolution humaine, individuelle et sociale. Dans un pays clérical, le meilleur moyen, pour combattre le cléricalisme, tout en respectant les croyances religieuses (qui seront inevitablement effacées par l'instruction, de plus en plus scientifique), c'est toujours de faire de la propagande socialiste. De même, dans un pays monarchique, pour réaliser une république, et dans un- pays républicain bourgeois, pour réaliser une rép_ublique sociale, le meilleur moyen n'est encore qHe de faire de la propagande socialiste, qui vise à la source profonde de tout privilège et de toute oppression : la propriété privée des moyens de production et de travail. Après cela, il est évident que le jugement du député Colajanni

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