La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

' 594 LA RE\.UE SOCIALISTE est soldée a L1 fin de la saison. Les ouvriers voudraient pour toute garantie que la somme qui leur est duc fùt déposée à la caisse d'épargne et ne restât plus confiée, comme actuellement, au patron qui peut deYcnir insolvable. li reste aussi a examiner s'il n'est pas plus juste que l'ouvrier soit payé règulicrement, aprcs aYoir fourni son travail, pour qu'il puisse disposer de son argent, tout comme le patron des produits fabriqués. La loi permet, dans certaines circonstances, les retenues de salaire; d'abord celles encourues pour amendes, d'aprcs le rcglement d'ordre intérieur affiché dans l'établissement; ensuite pour la malfaçon, la détcrioration du matériel, etc., et enfin celles ducs par l'ouvrier comme cotisations :\ des caisses de secours, de malades, d'assurances contre les accidents. Dans beaucoup d'ateliers, le systcme des amendes est inconnu, et clans les ateliers oü il fonctionne, le produit entre dans une caisse, ordinairement gérée par le patron, qui en distribue, s'il est honnête, le montant entre ses ouYriers ou le verse a une œuvrc de bienfaisance de son choix. D'autres ne déterminent pas l'usage qu'ils fon't du produit des amendes ou retenues légales de salaire, mais organisent quelquefois, a\'ec les deniers recueillis, l'assurance contre les accidents ou des ser\'iccs médico-pharmaceutiques. Il n'y a pas de statistique précise concernant cc point. Les faits s'accumulent indi\'iduellcment dans chaque industrie, sans que les abus résultant de ces retenues, prcten<lucs légales, puissent être matériellement constatés par les inspecteurs. La loi dit bien qu'un cinquième seulement du salaire peut être rctcuu; mais que rcste-t-il des salaires déjà peu élc\'és payés par les patrons, car c'est dans cette catégorie surtout que sévit le systcme des amendes, si légalement une partie peut en être régulicrement préle\'ce, et si, comme cela se présente le plus souvent, les ou,·riers ne sont pas appelés a gérer les retenues qu'on leur a faites? L'inspection ré\'clc que beaucoup d'abus existent et continueront d'exister, si on ne punit pas sévcrement ceux qui enfreignent la loi. Il est nécessaire de sui\'re une règle générale et de frapper les coupables sans pitié au lieu d'accepter anc indulgence les raisons plus ou moins banales invoquées dans chaque cas. L'inspection a certainement fait connaître en partie la situation de la classe ounierc en Belgique, mais il est a desirer que les travaux élaborés par le ministcre du travail à cc sujet soient faits avec plus de méthode de façon qu'on pùt les comparer. C'est ainsi seulement qu'ils acquerront une valeur scientifique scrieuse. PAUL DEUTSCHER. Bruxelles, 1898.

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