La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

592 LA REVUE SOCIALISTE tation insuffisante et l'hygiène privée déplorable aident puissamment le poison sulfo-carboné dans son œuvre funeste sur ces organismes débilités. Mais il est faux et profondément injuste d'attribuer à l'immoralité et aux vices la part principale dans cette intoxication. Certes, j'ai vu des misères, j'ai vu parfois des ménages irréguliers, mais je n'ai point constaté d'inogncric, et si parfois l'un ou l'autre de ces malheureux aggrave son état en absorbant un peu d'alcool, c'est non pour satisfaire une passion mauvaise, mais parce que, dans son ignorance, il croit que cet excitant lui est indispensable pour lutter avec succés contre l'insalubrité de son occupation. » Ces paroles ne sont-elles pas la condamnation du régime qui permet quc pareil état de choses se perpétue? Une enquête faite dans une filature au continu mouillé no.us montre d'une façon claire et probante le danger de cette industrie et son influe:1cc sur la natalité. Cet établissement comptait 293 ouvrières adultes qui se répartissaient comme suit : De r 7 à 20 aris . De 20 à 30 ans. De 30 à 40 ans . De plus de 40 ans. 106 ouvrières 154 25 8 Parmi ces femmes, I 34 ont enfanté, soit environ 46 °/o, et ont eu 368 enfants, dont 268, soit 62 °/o sont morts et 100 soit 38 °/o sont en vie. Le plus grand nombre d'enfants meurent entre I et 6 mois. Les inspecteurs du travail ne sont pas encore parvenus à nous donner une étude d'ensemble sur les maladies strictement professionnelles. Celles-ci ne se distinguent pas - dans de nombreux cas - des autres, dues a des causes diverses, et qui souvent n'ont rien à voir avec la profession, ou bien sont la conséquence des habitudes de vie de l'ouHièrc et peuvent être considérées comme purement accidentelles. Il est impossible de se faire une opinion précise sur cc point, mais il est certain que des mesures énergiques devraient être prises pour sauvegarder la Yic de la classe ouvrière. Les fnspecteurs du travail voudraient voir remplacer dans les industries que nous avons énumérées plus haut le travail à la main par le travail mécanique. Seulement ils se bornent à de simples vœux. Il serait hautement désirable que la personnalité humaine soit présen·ée le plus possible des travaux pouvant mettre ses jours en danger et que les inspecteurs eussent le droit de' contraindre, si l'avertissement ou la persuasion restent sans effet, les industriels de prendre telle mesure jugée nécessaire pour améliorer l'état de choses existant. Un point également intéressant à examiner est le paiement des salaires. En général, et surtout dans la grande industrie, les salaires se

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