La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

59° LA REVUE SOCIALISTE minimes; en général il a été bien observé. Il en est de même pour les carnets et registres que la loi oblige les industriels a tenir. Grâce à une surveillance toute spéciale cet usage est entré dans les mœurs et on ne rencontre plus aujourd'hui la négligence mise a exécuter cette disposition la première année. Dans leur rapport, les inspecteurs consacrent une place trés importante a la sécurité des ouvriers, et aux mesures destinées à prévenir le plus possible les accidents du travail. La loi veut que « tout accident ayant causé la mort d'un ouvrier, ou occasionné a un travailleur une blessure capable de causer une incapacité de travail, de huit jours au moins, soit signalce dans les quarante-huit heures, par le patron ou son délégué, à l'inspecteur compétent ». Mille deux cents déclarations d'accidents ont été faites en 1896, c'est un progres sur l'année 1895, pendant laquelle on avait déclaré seulement r,o6r accidents. Malgré cela, on est loin de connaître tous les accidents survenus et qui ont entraîné une incapacité de travail temporaire. Voici d'ailleurs comment se répartissent ces accidents : Mort ....... . Incapacités permanentes . . . . . . Incapacités temporaires d'une durée huit jours . . . . . . . . Accidents de gravité inconnue TOTAL ..... . supérieure à 44 60 92 5 173 I, 202 Le plus grand nombre d'accidents se sont produits dans l'industrie métallurgique, 293; dans l'industrie textile, 218; dans l'industrie verriére, 102. La chute d'objets a entraîné 194 accidents et 164 sont dus à la chute <le personnes. C'est dans l'industrie alimentaire et du vêtement que les accidents sont les moins nombreux; dans chacune de ces branches on en compte 4. Chaque profession révcle également ses accidents spéciaux. La chute des personnes, par exemple, se produit principalement parmi les ouvriers peintres travaillant sur des échafaudages, ou les monteurs de constructions métalliques. Dans l'industrie verrière, les brûlures, les coupures et les piqûres, sont les accidents les plus fréquents. Les travailleurs, surtout dans certaines industries, sont obligés, pour accomplir leur besogne, de manipuler des produits nuisibles a leur santé ou bien de travailler dans des conditions hygiéniques que leur organisme est incapable de supporter au delà d'un temps tres limité. D'où les nombreuses maladies professionnelles, qui pourraient être, sinon évitées, du moins atténuées par l'installation d'appareils d'aérage ou encore par la substitution aux produits chimiques de

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