La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

586 LA REVUE SOCIALISTE leur queue autour du cou de leur camarade tremblant de froid. Plusieurs espèces témoignent la plus grande sollicitude pour leurs blessés et n'abandonnent un camarade blessé pendant une retraite que lorsqu'ils se sont assure qu'il est mort et par conséquent incapable d'être secouru. Chez quelques espèces, plusieurs individus combinent leurs efforts pour renverser une pierre afin de chercher les œufs de fourmis qu'elle recouvre. Les hamadryas non seulement placent des sentinelles, mais on leur a YU faire la chaîne pour transporter leur butin en lieu sûr. Le plaisir à jouer qu'ont les singes à queue et l'attachement mutuel régnant dans les familles de chimpanzés sont connus. » Terminons cette enquête sociale par quelques mots sur les unions contractées par des anim.-ux d'espèces différentes. Au sein des ondes, la moule vit en compagnie d'un petit crabe auquel elle donne un précieux asile pour le prix de la nourriture qu'elle en reçoit. Des insectes comme les fourmis et les pucerons vivent parfois en commun : la "fourmi bénéficie d'un liquide sécrété par le puceron; le puceron, en revanche, est nourri aux jours de disette par la fourmi. L'autruche, la gazelle, certaines espèces d'antilopes et de gnous vivent en excellents termes avec le zèbre quagga. Dans nos forêts, des alouettes, des pinsons, des licornes et des bruants cohabitent ensemble. En Espagne, des crécerelles, des soulcies, des rougesqueues, des gobe-mouches et des pigeons font de même. Dans le FarWest, le moineau de la SaY,me vit en compagnie de l'alouette et du bruant, etc. Chaque individu, si humble qu'il soit, trouve dans l'association un accroissement de bien-être et de sécurité. * * * La première partie de notre tâche - assurément de beaucoup la plus ingrate - est accomplie. Nous avons assisté à deux phénomènes bien caractérisés. Pariout où règ11ela concurrencevitale, il y a faiblesseet dégénérescence. Partout où domine l'association,il y a force et progrès. Conclusion : La lutte pour l'existence est condamnée par toute la Nature. Il nous reste à l'examiner chez l'Homme. DÉSIRÉ DESCAMPS. (A rnivre.)

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