LE PROBLtME DU PROGRtS ·rer. Très peu d'oiseaux de proie osent attaquer les plus petites espèces, et Brehm a absolument raison lorsqu'il dit des perroquets ce qu'il dit aussi des singes, notamment qu'ils n'ont presque pas d'ennemis en dehors de l'homme. Et il ajoute : « Il est fort probable que les gr:rnds « perroquets succombent partout à la vieillesse, mais ne meurent pas « des griffes d'ennemis quelconques.» L'homme seul, grâce a son intelligence et à ses armes, - produits de sa sociabilit~, - parvient a en détruire un certain nombre. Leur longévité serait ·aussi un résultat de leur sociabilité. Mais alors, n'avons-nous pas le droit d'affirmer que leur mémoire remarquable est aussi un produit de leurs habitudes sociales ? La vie en société, la longévité accompagnée d'une jouissance complète des facultés physiques et mentales jusqu'à un âge avancé, sont des facteurs éminemment favorables au•développement de la mémoire. Et l'accumulation de l'expérience, la mémoire ainsi que l'échange des idées, sont, à leur tour, les facteurs les plus puissants pour le développement de l'intelligence en général.» Rien n'est plus vrai. Arrivons aux mammifères. Ici l'association est la règle, l'isolement l'exception. • Parmi les espèces les plus sociables, citons un peu au hasard : les écureuils, les souris, les marmottes, les sousliks, les castors, les rats musqués, les renards, les chevaux sauvages, les ânes sauvages, les chameaux sauvages, les zèbres, les mustangs, les cémarrones, les rennes, les chevreuils, les daims, les antilopes, les springbocks, les élans, les gazelles, les bisons, les buffles, les éléphants, les sangliers, les hippopotames, les rhinocéros, les hyénes, les chacals, les chiens sauvages, les phoques, les morses, etc., etc. Les singes méritent plus qu'une mention : « La sociabilité, l'action en commun, la protection mutuelle et un développement élevé de toutes les qualités qui sont la résultante de la vie sociale, dit Kropotkine, constituent la caractéristique de la plupart des singes. Depuis les plus petites jusqu'aux plus grandes espèces, la sociabiiité est une règle à laquelle nous ne connaissons que fort peu d'exceptions. Les chimpanzés, les sajous, les sakis, les mandrills, les babouins, etc., sont sociables au plus haut point. Ils vivent en bandes nombreuses et se joignent même à des espèces différentes de la leur. La plupart deviennent absolument malheureux dans la vie solitaire. Les cris de détresse de l'un d'eux rassemblent immédiatement la totalité de la bande et ils repoussent courageusement les attaques de la plupart des carnivores ou des oiseaux de proie. Les aigles même n'osent les attaquer. C'est toujours en bandes qu'ils.pillent nos champs; les plus vieux pendant ce temps sont préposés à la garde de la sécurité de tous. Les petits titis s'embrassent et se protègent; quand il pleut, ils enroulent
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