LA REVUE SOCIALISTE « Ni les fourmis, ni les abeilles, ni même les termites ne se sont éleYés a la conception d'une solidarité supérieure, étendue sur tout l'ensemble de l'espèce. Cependant M. Forci a bien décrit des colonies de près de deux cents nids appartenant a deux espèces de fourmis différentes, la formica exsecta et la formica prcssilabris. Il les a observés sur le 111ontTendre et sur le Salève; et il affirme que chaque membre de la colonie reconnait chaque autre membre; et que tous prennent part à la défense commune. D'autre part, i\1. Mac Cook. a observé en Pcnsyh·anie tout une nation de fourmis comprenant de seize :'t dix-sept cents nids, dont les habitants Yivaient en parfait accord. Et M. Bastes a décrit les nids des termites couwant de larges espaces dans les campos du Brésil; certains de ces nids contenaient deux ou trois espèces, et la plupart étaient réunis par des galeries voûtées ou arcades. » Les faits qui précèdent nons autorisent a conclure que chez les inYertébrés le déYeloppcment physique et intellectuel, la sécurité, le bien-ètre ... sont les fruits de la sociabilité. * 'OC * En est-il de mèmc chez les vertébrés? Oui. Le monde <le la mer a étc bien peu étudié jusqu'à ce jour. Parmi les poissons les plus sociables nous pouYons cependant citer les anguilles, les sardines, les harengs, les morues, les saumons, les maquereaux, les thons, les anchois, les sargues, les rougets, les congres, etc. Ces espèces comptent pour la plupart parmi les plus puissantes de la faune aquatique. L'aigle haliaetc, le milan du Brésil, le vautour sociable, le vautour égyptien, le faucon a gorge rouge, la crécerelle, le cobetz vespéral, le pélican, le canard sauvage, etc., forment d'étroites associations. Isoles, ils seraient infailliblement exterminés. Associés, ils repoussent les assauts des oiseaux de proie. Nous n'exagérons pas. Groupés, les vautours donnent la chasse a l'aigle, ainsi qu'au faucon-pêcheur dont le vol est si rapide. Les mouettes unies mettent en fuite le buphagus. Les vanneaux huppés attaquent en bande la buse,-lc milan, le corbeau, l'aigle même. C'est également a l'appui mutuel qu'ils se prêtent que les hoches-queues doivent de pouvoir résister à l'épervier. Les bergeronnettes sont on ne peut plus -sociables. Aussi parviennent-elles a chasser le milan, la buse, le faucon, etc. A la Nouvelle-Zélande, le moineau européen met en fuite le faucon. r
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