LA REVUE SOCIAI.ISTE font éclore. Au<lubon a observé<les fourmisqui employaient des pucerons comme bêtes <le somme; elles leur faisaient porter entre deux rangées de surveillants des feuilles coupées et les enfermaient dans la fourmilière, leur travail une fois terminé. La division du tra\'ail, qui n'apparait que timidement dans les sociétés humaines primitives, est si ùheloppée chez les fourmis, qu'elle a donné naissance à <le telles différenciations entre les habitants d'une même fourmilière, qu'on la croirait composées d'espèces différentes. Le travail de la reproduction est confié à quelques mâles et à une femelle. Le communisme le plus absolu règne dans la fourmilière. Le travail y est libre : les fourmis l'accomplissent avec une ardeur qui nese lasse pas. Les fourmis poussent le sentiment communiste à un tel degré que même les aliments pris sont encore pendant un temps à la disposition de la communauté. Leur tube digestif est divisé en deux parties: l'une, l'antérieure, est une espèce de garde-manger au service de la colonie, l'œsophage, distendu, forme une espèce <lejabot et peut contenir une grande quantité d'aliments liquides. En cas de besoin les liquides qui s'y trouvent sont tégurgités pour alimenter les camarades affamés, les larves, les femelles et les mâles qui ne savent pas se procurer leur nourriture. >> fort intéressante est également l'organisation des abeilles. Par plus <l'un coté elle ressemble à celle des fourmis. « Dans les républiques d'abeilles, dit C. Letourneau, il y a en premier lieu une femelle uniquement chargée de fournir des citoyens à l'État, puis des mâles ou frelons et des ounieres ou neutres. Ces dernières elles-mêmes se subdivisent en ou,,riéres nourrices et ouvrières cirières. La pré\-oyance sociale est poussée fort loin; on a soin de pourvoir aux éventualités en remplissant de circ des cellules closes de toutes parts. Veut-on construire une ruche, la besogne se subdivise. Certaines ouvrières fournissent les matériaux nécessaires; d'autres ébauchent l'ouvrage, qu'achèvent les ouvrieres finisseuses; tout cela pendant que d'autres citoyennes alimentent les travailleuses. En effet, une ouvrière a-t-elle faim, il lui suffit d'abaisser sa trompe. A ce signal, une pourvoyeuse ouvre son sac de miel et en verse quelques gouttes a la portée de la première. C'est librement, spontanément que s'accomplit toute cette besogne; il N'y a point de despotisme dans ces sociétés, et l'initiative individuelle 11'ad'autre guide que l'instinct du devoir. » La pratique du communisme a fait des fourmis, dl's termites et des abeilles les plus parfaits des insectes, les « primates » du sousrègne des invertébrés. Ils sont les plus industrieux et les plus riches en vines. C'est ce qui résulte des patientes observations de Fore!, Hubert, Blanchard, Lubbock, etc. L'opinion de Kropotkine est aussi fort concluante. cc Les fourmis et les termites ont renoncé à la « guerre de tous
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