LE PROBLtME DU PROGRtS 579 L'énumération de quelques faits pris parmi les plus saillants suffira pour édifier nos lecteurs sm le rôle joué par l'appui mutuel dans la conservation et le perfectionnement des espèces animales. * * * L'exemple des limulus, des oursins, des crabes, des nécrophores, ·des scarabées boursiers, des fourmis, des abèilles, des termites ... montre que la pratique de la solidarité n'est pas particulière aux vertébrés. Le monde des insectes est particulièrement riche en espèces sociales. Qui ne connaît - au moins superficiellement - l'organisation sociale et les mœurs des fourmis, des termites et des abeilles? « Les fourmilières sont une des merveilles de la Nature, déclare Lafargue. « Leur trait caractéristique, dit Forci, est l'absence d'un « modèle immuable, spécial à chaque cspécc. Les fourmis saYcnt « l'art d'adapter leurs constructions aux circonstances et de tirer avan- « tage des accidents du terrain. » Elles bâtissent des murailles, drcssen t des piliers, couchent des soliveaux, posent des planches, supcrpose11t des étages : on a trouvé des fourmilières qui en comptaient jusqu'à quarante. Les nids des termites qui sont si abondants au Sénégal, s'élèvent de trois à six métres au dessus du sol, et sont si solidement construits, qu'ils peuvent supporter un homme, même un buffalo. Ils communiquent avec l'intérieur par des passages souterrains tle trente centimètres de largeur. Que sont les monuments des hommes à côté de ces petits névroptères ! Si nous comparons la hauteur et l'étendue de ces constructions avec la taille de leurs constructeurs, les travaux de l'Homme paraissent ridicules. Une pyramide bâtie sur la même échelle devrait atteindre une hauteur de mille mètres. Les fourmilières possèdent des greniers où s'entassendes grains récoltés par la colonie; les fourmis les dépouillent de leurs enYeloppes qu'elles rejettent au dehors. Dans des caves fraîches, elles empilent des feuilles coupées menu, que leur fournissent de microscopiques champignons de couche, dont elles sont très friandes : « Qui aurait cru les fourmis un « peuple pasteur? » disait Hl1bert; elles le sont en effet; elles ont des troupeaux de pucerons qui leur donnent une sécrétion sucrée, et une fourmilière est d'autant plus prospère que le nombre de ses esclaves est plus grand. Elles c'onstruisent sur des tiges d'arbres des étables où elles emprisonnent leurs pucerons; elles en gardent d'autres sous terre et les établissent sur des racines; quand elles changent de nid, elles les transportent; en automne, elles récoltent leurs œufs, les soignent et les
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==