574 LA REVUE SOCIALISTE besoins, diminue ta taille,accrois ta fécondité, simplifie ton organisme,' dégénère si tu \'eux vaincre. Les preuves abondent. Nous en avons relevè chez les mammifères, chez les oiseaux, chez les reptiles et aussi chez les invertébrés : insectes, vers, etc. Sur les rotifères, les polyzoaires, etc., nous avons le témoignage de Ray Lankester : « Souvent la sélection naturelle agit sur une race d'animaux dans le sens de la réduction de la taille, dit-il dans sa Dégé11éralio11 (r88o). La petitesse de certains animaux favorisant leur survivance, ils ont été dans plusieurs circonstances reùuits à des proportions microscopiques. J\fais cette réduction, poussée i l'extrême, aboutit à la perte ou à la suppression de quelques-uns des plus importants organes. Les besoins d'un très petit animalcule sont limités, comparés à ceux d'un grand animal; et l'on trouve sou\'ent que le cœur et les vaisseaux sanguins, les branchies et les reins, outre des jambes et des muscles, ont cté perdus par les descendants réduits et dégcnérés d'une race plus grande. » Darwin signale la victoire de la petite blatte sur la grande blatte. « La souris, la seule espèce de son genre qu'aient connue les anciens, dit Quatrefages, a clù à sa petitesse mème de surviYre à l'invasion du rat noir apporté d'Orient par les navires des croisés. Plus tard, quand le surmulot est venu à son tour vers le milieu du dernier siècle, attaquer ses deux congénères, il a promptement exterminé le rat noir, presque son cgal en taille et en force, tandis qu'il n'a pu atteindre la faible et petite souris, abritée par les retraites étroites oü ne pouvait pcnctrer son grand et robuste ennemi. » Büchner ne reconnaît-il pas également qu' « un avantage peut clans certains cas devenir une cause d'infériorité comme par exemple la grandeur et la force i un moment oü la nourriture manque ». Des exemples ? « Notre ours brun descend à n'en pas douter de l'ours des cavernes de l'époque diluvienne, lisons-nous dans ses Co11fére11cseusr la tlJéorie dnrwi11ien11e; ce dernier était plus grand et plus fort, mais par suite des changements survenus à la surface du globe et des changements de résidence, de nourriture, de milieu, de genre de vie, etc., éet animal est déchu i son type actuel. De même les vers intestinaux, qui incontestablement sont des descendants du ver vivant autrefois à l'état libre, ont, par suite de leur nouveau genre de ,·ie, perdu certaines parties qu'ils possédaient de leur forme achevée, le tube intestinal par exemple; c'est-à-dire qu'ils ont rétrogradé. Une sorte de cirripède, qui, à l'état de liberté, possédait une coque calcaire, dépouille peu à peu cette enveloppe lorsqu'il se fait parasite sur d'autres animaux. Ce résultat est l'effet de la sélection naturelle; la coque qui pouvait lui
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==