LE PROBLtME DU PROGRtS 573 trés simples, dit-il dans l'une de ses Conférencesur lnthéoriednrwinie1111e (1869), une haute organisation, c'est-à-dire une organisation accomplie devient un inconvénient plutôt qu'un avantage; dans ce cas, la sélection naturelle détermine la rétrogradation de l'organisme et non pas son progrés. » De Quatrefages, dans son étude sur C!JnrlesDarwin el sesprécurseursfrançais (1870), aboutit aux mêmes conclusions: « Chez les animaux et les plantes, déclare-t-il, les espèces dites supérieures ne sauraient exister dans les conditions ou prospèrent par myriades des êtres regardes comme inférieurs. Ceux-ci sont donc plus parfaits que les premiers relativement à ces conditions. Or, la lutte pour l'existence et la sélection naturelle ont avant tout pour résultat forcé de satisfaire le mieux possible aux conditions d'existence, quelles qu'elles soient .... Un caractére qui, considéré en lui-même et à notre point de vue, constitue une véritable supériorité, peut devenir inutile et même nuisible dans certaines circonstances. La réciproque est également naie. Quelques exemples feront certainement comprendre notre pensée. A parler d'une manière générale, l'animal dont tous les sens sont très biea dé,·eloppés est supérieur à celui qui est privé de la vue. Pourtant, à quoi serviraient les yeux les plus perçants à ces reptiles, à ces poissons, à ces insectes Yivant au fond des cavernes de la Carniole ou de l'Amerique, à l'abri de toute lumiére? N'est-il pas préférable pour eux que la part d'activité physiologique nécessaire au déYeloppement de ces organes soit reportée sur les sens de l'ouïe ou du toucher en vertu de la loi de compensation et d'économie? » L'adaptation de l'animal à la Yie parasitaire lui enlève toujours quelques-uns de ses plus importants organes. Habituée à se faire donner la becquée par des pucerons domestiques, une fourmi aristocratique (le polyergue roussùtre) a perdu la faculté de nourrir ses larYes et même de manger seule .... Où sont les ailes de nos punaises, poux, puces ? Certains crustacés - rhizocéphales, lernéides, argules, caliges, ergasiles, etc., - ont perdu, les uns leurs yeux, les autres leurs palpes ou leurs pattes, d'autres encore leur bouche et leur tube digestif. L'infériorité organique, avons-nous dit, est une arme dans la lutte pour l'existence. Le fait n'est pas contestable. L'animal a d'autant moins de besoins qu'il est plus rudimentaire. La Nature fourmille d'invertébrés. Pourquoi, si ce n'est parce qu'ils peuvent vivre là où des êtres mieux développés succomberaient en masse. La concurrence vitale dit à l'individu, à l'especc: Réduis tes
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