TESTAMENT DU DIX-NEUVIÈME SIÈCLE quotidiennement sociale, qui est le leur, une influence indéniable et avec laquelle l'observateur a beaucoup à compter s'il veut être complet. Le nom de Chevreul, populaire - aprcs sa qualité de centenaire - par l'invention de la bougie qui y demeure attachée, prouve la portée de la révolution en ce qui concerne ses débuts, c'csh't-<lire l'appropriation chimique des graisses animales en faveur de l'éclairage .. Sera-ce encore la chimie qui verra triompher dans l'avenir ses procédés de production de lumière, grâce à l'acétylène? Le vingtièmQ siècle le dira. Cc vingtième siècle couronnera, sans doute, également nos effort$ en ce qui regarde le problème de !'aérostation. Le plus lourd que l'air n'est plus qu'une question de temps. Depuis Fresnel, ses mêches concentriques et ses lentilles à échelons, la question des phares est résolue. Les applications de l'électricité à leur jeux lumineux laissent néanmoins place à des améliorations que la puissance de cet agent rend incalculables. Les procédés de teinture par des couleurs que la chimie extrait du goudron de houille ont modifié cette industrie du tout au tout. La photographie, fille du daguerréotype, anime toutes les branches de la photogravure, si répandue à l'heure qu'il est, en est certaine~ ment le deus ex 111achi11a. Elle est en voie de fixer les couleurs comme les effets d'ombre et de lumière. Elle nous révèle l'intérieur des corps par l'effet des rayons X et, appliquée à l'astronomie, compte les étoiles que nos yeux ne peuvent pas percevoir. Nous nous arrêterons ici, terminant sur les découvertes pastoriennes des fermentations, des phénomènes microbiens, d'oü est sonie la nouvelle science de la bacteriologie, et d'où peut sortir l'art par excellence de la vie par la .connaissance de ses conditions, avec la possibilité d'agir à propos sur elles. Concluons donc, cond·uits à ce résultat par tout ce qui préccde, que la science ne pénètre pas seulement l'existence du dix-neuvième siècle, mais qu'elle la commande dans toutes ses parties, en est le grand ressort, l'élément en quelque sorte constitutif, si11equa 11011. On a osé dire et écrire que cette science avait fait faillite. Dans ce cas, c'est le siècle lui-même qui se trouverait forcé de suspendre ses paiements, pour le présent, de ne pas faire honneur, en ce qui se rapporte à demain, à ses traites tirées sur l'avenir. On est à même de juger s'il en est réduit à cette extrémité. La façon la plus irréfutable de prouver le mouvement, c'est de marcher. Le dix-neuvième siècle a marché et fourni noblement sa c~rrière par la science, il n'a qu'à continuer jusqu'à son dernier souffle de· vie; et, en son testament, dont le présent chapitre est peut-être la plus belle page, il pourra léguer avec fierte à son successeur, le
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