La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

54 LA REYUE. SOCIALISTE grandes villes surtout commencent à être sillonnées caractéristiquement <levéhicules du genre susdit. La marche ou plutôt la course ascendante de la multiplication des automobiles permet de pronostiquer que la physionomie d~ l'a\·cnir social se \·erra complétemcnt modifice par eux. L'emploi de nombreuses locomobiles en agriculture, le fr.1ctionncrncnt, en faycur des petites industries, de la production en chambre,, de la force motrice empruntant toujours, plus ou moins finalement, leur impulsion première au jeu de la vapeur, mcritent également une mention socialiste, car clics sont d'importants agents d'cvolution de sociétc. Après la Yapeur, l'électricité est l'agent physique qui a le plus servi au rapprochement unifiant qui oriente prcsqucs tous les peuples vers la démocratie. Animateur du télégraphe et du téléphone, ici; moteur industriel ou actionneur. de locomotion, Li; enfin, puissant. foyer de lumière rayonnant au loin dans la nuit, ou éclairant le traYail de fabrique, d'usine, d'atelier, comme aussi toute la vie nocturne de nos cités dont le soleil ne règle plus les mou\'cmcnts : elle entre de plus en pl~1sdans nos habitudes et, les marquant à son coin, marquent à leur suite les rwi111a11xd'/Jnùil11dcsquc nous sommes. La thérapeutique a, comme l'industrie de nos jours, de plus en plus recours ù cette même électricité. Elle s'en sert a\'ec succcs dans nombre de cas pathologiques, agissant ainsi directement par clic sur nos corps, sans l'intermédiaire des habitudes, des modes d'cxi_stcnce animés par son introduction parmi les auxiliaires de l'existence sociale moderne, de cette existence plus machinée que n'importe quelle scéne J'op<'.:raà grand spectacle ou de féerie. La chimie, avant qu'on sût utiliser l'électricité dans cc but, avait trouvé dans le gaz un moyen d'éclairage dont l'importance n'a pas considérablement diminué. L'électricité a pu s'ajouter intelligemment à ce procédé, mais non le détroncr définitivement jusqu'à présent. Son règne ne semble pas près de sa fin, et nos sociétés ont à compter aYcc ce précieux collabor~tcur à peu près autant encore qu'avec l'électricité. Le gaz est, pour nons, force aussi bien que lumière et chaleur. Il a sa place a l'atelier, en qualité de travailleur, autant qu'en celle d'éclaireur. La 1orcc motrice emploie avec a\'antagc, dans bien des circonstances, sa puis'sancc calorique. Celle-ci, capable de chau:ITerles appar-. tcrnents et de cuire nos aliments, sait aussi actionner nos machine5. Il n'est que juste de citer après les deux géants de l'éclairage : le gaz et l'électricité, les acides gras, les huiles Yégétalcs et minéraks~ qui ont exercé, dans le champ plus restreint, plus propre à l'existence intime ou privée que générale et publique, mais non moins important au poini de ~uc des transformations d'habitudes, de manit:rc d'êtrd

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