La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

572 LA REVUE SOCIALISTE de les soutenir ; ils battent des ailes, mais ils ne volent plus. Dans l'ile de Madcrc et celles qui l'ayoisinent, les insectes coleoptères sont souYent emportés par les vents et jetès à la mer où ils périssent ; ils se tiennent cachés tant que l'air est en mouvement: aussi les ailes se sont-elles amoindries. Dans une classe d'animaux, les uns terrestres, les autres aquatiques, celle des reptiles, ce sont les pattes qui disparaissent. Les crocodiles et les lézards en ont quatre : chez les seps, clics sont trés courtes; dans les bimanes et les bipédes, il n'y en a plus que deux; dans les pseudopus, elles se réduisent à de petits tubercules, dernière trace des membres postérieurs. Chez l'orvet, il n'y a plus de membres, mais on trouve sous la peau les os de l'epaule et le sternum; enfin ces os mêmes disparaissent dans les serpents. Lamarck ne craint pas d'expliquer cette disparition des membres par l'habitude de ramper, de se glisser sous les pierres ou dans l'herbe. Chez les mammiféres, les plus parfaits des animaux, les organes avortes et inutiles ne sont pas rares. Geoffroy Saint-Hilaire avait déjà remarqué que chez la baleine, où les dents sont remplacés par des fanons, les germes des dents avortées sont cachés dans l'épaisseur de la mâchoire du fœtus; depuis le même savant les a retrouvés dans le bec des oiseaux. Les ruminants ont un bourrelet calleux à la place des incisives supérieures, mais le germe des dents existe dans le fœtus. Il en est de même chez les lamantins qui n'ont d'incisiYes ni en haut ni en bas; se nourrissant uniquement de plantes marines, ils n'en faisaient point usage et ces dents ont fini par disparaître. » L'adaptation à la Yie domestique a provoqué chez certains animaux la déformation ou l'affaiblissement de plusieurs organes. Droites chez le chien sauvage et chez le lapin de garenne, les oreilles sont tombantes chez le chien domestique et chez le lapin de clapier. L'aile de la poule, du canard, etc., s'est atrophiée par defaut d'usage. Pour sortir victorieux du combat pour l'existence, point n'est be,soin d'occuper le haut de l'échelle zoologique. Les animaux inférieurs se font une arme de leur ·infériorité ét souvent c'est grâce à elle qu'ils triomphent. Darwin lui-même en fait le précieux aveu: « Étant données de simples conditions d'existence, dit-il, une haute organisation serait inutile, peut-être même désavantageuse, en ce qu'étant d'une nature plus delicatc, elle se dérangerait plus facilement et serait plus facilement détruite. >> Büchner partage pleinement cette manière de voir : « Quand les conditions extérieures de l'existence se trouvent "'

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