La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE VIII L'isolement est un fait rare dans le monde animal. •Les espèces dcsunies sont peu importantes et tendent it dis• paraitre. D. D. Comme la plante, l'animal redoute les vicissitudes atmosphériques. Les \'ariations brusques de température, les inondations, les sécheresses prolongées, les tempêtes, etc., lui sont des plus préjudiciables. Le végétal :ne peut souffrir de l'inclémence du climat sans que l'animal n'en pâtisse également. La gelée qui fait périr la plante affame et tue l'herbivore qui s'en nourrit. La destruction de cc dernier voue a la:famine et a la mort le carnivore, cc dernier ne pouvant Yivre qu'en dévorant son pacifique compagnon. Cette '.action du milieu climatérique est-elle fayorable aux animaux? En aucune façon. Les individus les mieux doués, les plus développés ont-ils au moins quelque chance de survivre a Jeurs congénéres plus faibles? Pas davantage. Un animal a d'autant plus a souffrir des variations du climat qu'il est plus délicatement organisé. Le froid le plus intense, mortel pour l'homme et pour les mammiféres dont il est sorti, est presque inoffensif pour les invertébrés, surtout pour les plus pauvrement organisés : les protozoaires. « L'échelle des animaux, depuis les plus inférieurs jusqu'au(marnmiféres, dit Pictet, est a peu de chose prés identique a l'échell(des températures minima qui peuvent être supportées par les animaux des diffrentes espéces. Plus l'être est simple dans son organisation, mieux il résiste a l'action des grands froids; plus il est complexe, plus il est sensible aux effets funestes de cet agent perturbateur. » Les animaux les plus rudimentaires sont aussi les plus prolifiques et les plus viYaces. Le doute sur ce point n'est pas possible. « Les infusoires sont a la fois les animaux les plus nombreux de la nature et ceux dont la force vitale est la plus énergique, dit C. Flammarion. Ces êtres possédent, en quelque sorte, la vie dans chacun de leurs éléments. Müller a YU une kolpode se résoudre en molléculcs jusqu'a la sixiéme partie du corps, puis cc sixiéme se mit a nager « comme si de rien n'était». Ils offrent bien d'autres genres de décomposition. Si l'on approche de la goutte d'eau dans laquelle ils nagent une barbe de plume trempée dans de l'ammoniaque, dit Moguin Ta.ndon, l'animalcule s'arrête, mais continue a mouYoir ses cils. Tout a

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