La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

566 LA REVUE SOCIALISTE Les fougères arboresce1Ùes sont devenues les plantes herbacées que l'on connait. Quel sort a été réser\'è à leurs contemporains : les calamites, les sagillaires dont la hauteur atteignait quarante mctres, les cardaïtes, de même taille, etc.? Disparus ou réduits à des proportions infimes ! Cc n'est donc pas à la lutte pour l'existence que les plantes doivent leur triomphe sur la nature ambiante. Celles-là seulement ont sur\'écu qui surent se plier i des conditions inférieures de vie. Les autres - les plus robustes - ont dû abandonner la scène du monde. VII La vie en societé est favorable aux végêtaux. D. D. Autant la concurrence Yitale est nuisible aux ,·égétaux, autant l'association leur est utile. Celle-ci, en effet, protége les plantes contre l'action destructive du milieu cosmique et plus encore contre leurs ennemis les animaux - grands et petits - qui cherchent à les dévorer. Un exemple entre mille. Nous l'empruntons à Lanessan : (< Semez une seule poignée de grains de blé dans votre jardin, dit-il, à l'éte suivant, votre récolte sera bien minime, si elle n'est pas tout à fait nulle. Les quelques grains que vous avez semés seront mangés par les oiseaux ou emportés par les fourmis, avant même d'avoir pu germer; s'ils échappent à ce premier danger, ils pourront être dévorés par les chenilles; si quelquesuns, plus favorisés, parviennent à fleurir, et que leurs fruits mûrissent, vous ferez sagement de vous bâter de cueillir ces derniers, car les moineaux pourraient fort bien yous devancer. Jetez maintenant des milliers de poignees de graiHs du même blé sur les flancs des larges sillons que le bœuf a tracés dans la plaine, et, si nombreux que soient les ennemis, les épis jaunis au soleil onduleront à l'été sous le souffle du Yent et vous donneront une abondante récolte. Plus sera riche en individus la rnciété du blé qui couvre la plaine, plus nombreuses seront les chances de triomphe de chaque individu. Que quelques grains, emportés par le vent, aillent germer loin de leurs compagnons, et ils succomberont très probablement, tandis que la société dont ils auront été séparés se perpétuera et augmentera, chaque année, de nombre. »

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