LE PROBLtME DU PROGRtS pyrales, les teignes, etc., sont considerés comme les pius redoutables ennemis des plantes cultivées. Un certain nombre de végétaux se reproduisent avec une rapidité prodigieuse. A quoi cela tient-il? Aux luttes pour l'existence qu'ils ont à soutenir. Toute guerre crée des vides qu'il faut combler. Les végétaux fortement éprouvés répondent par une augmentation de fécondité aux coups qu'ils reçoivent. Y a-t-il lieu de s'en féliciter? Aucunement. Chaque accroissement des facultés de reproduction d'une plante est accompagn1t d'une diminution de taille. Cette transformation, au lieu d'être un progres, est un recul. Elle se traduit par une dégénération des espèces adaptées aux nécessités nouvelles. L'homme des.champs s'efforce de soustraire les plantes qu'il cultive aux conséquences funestes de la concurrence vitale. L'agriculteur le plus ignorant ne sait-il pas, en effet, que chaque pied de blé, de seigle, d'orge, de betterave, <le chou, etc., ne peut se développer normalement qu'à la condition de ne pas avoir à lutter pour vivre? La raison - et au besoin l'expérience - lui ont fait comprendre qu'il y aurait folie à jeter dans un champ dix poignées de graine au lieu d'une ou à mettre aux prises sur un même sol des plantes de colza, de pomme de terre, de luzerne, de betterave, d'avoine, de haricot, etc. Bien plus, le cultivateur intelligent protège sa récolte contre l'invasion des herbes dont il n'entend pas utiliser la croissance. Toute plante ennemie est impitoyablement détruite. * * * Un certain nombre de nos protophytes sont encore organisés comme leurs ancêtres de l'époque silurienne. Dix millions d'années ont passé sur eux sans leur faire subir aucune modification importante. Que sont devenus les géants de la :flore houillère? Sous l'empire de la concurrence vitale, la plupart ont revêtu des formes de plus en plus simples. Les autres se sont éteints sans postérité. La famille des lycopodiacés .était représentée aux temps carbonifères par des lépidodrendons de trente mètres de hauteur. Que sont nos humbles lycopodes en face de le.urs aïeux d'il y a soixante mille siècles ?
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