La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE phénoménalité a exposer devant des gens dont l'éducation a été faite dans la langue fautive en question. La création d'une terminologie véritablement philosophique équivaudrait, dans sa sphère supérieure, à cc que peut être une meilleure nomenclature ou une meilleure classification sur le terrain des sciences particulières. Ce qui nous ramène a notre point de départ sur le rôle des nomenclatures et classifications, fermant le cercle des observations à esquisser en ce qui regarde les catégories de connaissances précédentes, et, en même temps, marquant le point où cet anneau de la chaîne prend contact avec celui qui le suit, l'histoire naturelle. L'histoire naturelle, que la hiérarchie de complexité des sciences - ce qui est encore un mode de classement - amène maintenant, complique le jeu moléculaire mécanique, physique, chimique, de la vie, c'est-à-dire de l'activité cellulairement organisée et organisante. La vie, qui n'est peut-être qu'une espèce d'équilibrage instable sui geueris de l'inorganique, une harmonisation momentanée de ses éléments groupl'.:s selon les lois d'une morphologie spéciale, fait passer, probablement par transition presque insensible, du règne minl'.:ral - si vivant à sa manière, si visiblement doué de personnalité, de moi statique et dynamique, dans ses caractéristiques cristallisations - au règne végétal, puis (par non moins de nuances a peine perceptibles de transition) au règne animal. Les conditions et les modes de ces différenciations, les effets du detcrminisrne des milieux, temps et espace sur ces manifestations ainsi que les réactions de leur jeu propre, soit individuel, soit héréditairement transmis, ancestralement prolongé et accentué dans la durée, peuvent s'élargir jusqu'à l'établissement du facteur race, voilà ce que .le <lix-neuvieme siècle a fécondément cherché à pénétrer. Le dernier .mot sur le caractère et la portée des individuations vitales a été probablement dit panthéistiquement, comme il convient, à propos de sa manifestation supérieure ultime de l'homme, par Renan, lorsqu'il a prononce, avec sa dedaigneuse sérénité de penseur pour qui la « vanitc des vanités » de l'Ecclésiaste n'a plus de secret, que nous ne sommes « qu'une fonction de la nature». Oui, une fo11clion de cette nature, de cette phénoménalité sensible, à la fois une et diverse, toujours la même quant au fond, quoique indéfiniment variée dans ses formes, dans ses morphologiques manifestations. Oui, une fo11clion d'un des instants de l'indéfini deveni,· qui est la loi des lois, le mode suprême des choses. Oui, une fo11clion dont les échelles paléo~tologiques, embryogéniques, zoologiques et-pourquoi pas? - botaniques, minéralogiques, comme tératologiques, nous montrent l'histoire - l'histoire naturelle - la dynamique plastique au sein des déterminants milieux du successif ambiant.

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