La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

TESTAMEKT DU DIX·NEUYI)Z~IE SIÈCLE 5 r ·deux ordres de. phénomènes, deux apparences d'un facteur unique; :synthétiquement, ils conçurent l'unité initiale de.:la chaleur, Je l'élec- .tricité, de la lumière, du son : différenciations, par l'effet de nos sens, du mouvement, du seul mouvement. Les chimistes ont pénétré plus intimement dans le jeu des com- .binaisons moléculaires par lesquelles sont constitués les corps. Ils se -sont donné pour mission d'étudier la composition de ces corps, leur statique chimique. Ils y sont parvenus par Yoie d'.111alyse. Alors, la .décomposition ayant mis à jour les parties du tout, les unités du nombre objet du problème, ils ont fait un pas de plus. De la statique chimique ils ont passé à la dynamique, de la maticrc observée à l'ob- .scrvation expérimentale de, ses lois, aux actions et réactions qui sont la forme de vie propre à cette rnatiére. Les synthctiqucs opérations de laboratoire ont poursuivi la recomposition des parties séparées. A l'heure qu'il est, la chimie organique, basée sur des méthodes uniquement synthétiques, prend l'élément composant au sein de la nature même, et ne recompose plus aprcs décomposition, mais compose immédiatement, directement, par les procédés que cette nature ellemême emploie sans doute, sauf les conditions de puissance et de temps, etc., qui ne sont qu'à elle et non à notre disposition. Sous le nom d'affinité, la primordiale loi d'attraction et de gravitation réapparaît dans le laboratoire du chimiste comme dans le cabinet du physicien. Elle indique même le lien par lequel la chimie est rattachée à la physique de la même façon que la physique l'est à la mécanique. Il est bien entendu que le terme a!Ji11ilé, de même que le terme atlractio11, n'ont, aux yeux des philosophes et des savants véritablement de notre temps et non englués cérébralement aux restes ruinés de l'ancienne métaphysique, qu'une valeur Je technologie conservée traditionnellement, en souvenir de grandes découvertes appartenant à l'histoire de la science. Ce sont des vocables plus ou moins heureux, marqués au cachet de l'époque où ils prirent naissance, et non plus les ·entités que les habitudes d'esprit d'alors portaient à faire vôir en eux comme à y mettre abusivement, à la suite des réalistes de la scolastique. Il ne s'agit, pour nous, que d'une définition nominale. C'est pourquoi nous avons rapproché précédemment les mots attraction et -gravilatio11 qui, pris au pied de la lettre, se contredisent.· De nouveaux termes plus adéquats à la manière de concevoir qu'ils devraient exprimer sont peut-être à créer. Mais en attendant leur avènement dans la ·langue scientifique régénérée, leur acceptation consacrée par l'usage, l'on est bien obligé de puiser dans l'arsenal du passé, et d'écrire attrac- ·tîon, gravitation, affinité, sous les réserves ci-dessus consignées, pour exprimer, .soit en mécanique, soit en- physique, soit en chimie, une

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