La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

540 LA REVUE SOCIALISTE la dragée trcs haut. Parfois, il est vrai, elles se montrent conciliantes, bienveillantes, voire tres larges, mais uniquement dans le règlement de pertes peu importantes. La plupart des assurés ont beau payer leurs primes avec la régularité nécessaire, ils n'ont souvent d'autre assurance ... que de n'être pas assurés! Si peu, du moins, qu'en cas de sinistre, il leur faut entamer de longs proces ou se contenter d'une indemnité dérisoire. Dans ces conditions, nos.concitoyens viendront de préférence et d'eux-mêmes à l'office municipal, où ils seront convaincus de trouver des attitudes plus conciliantes et des indemnités plus équitables. * * * L'office municipal d'assurances contre l'incendie aura pourpremière clientèle les abstentionnistes d'aujourd'hui, - les aisés, parce qu'ils n'auront plus rien à redouter et. .. paieront moins cher, - les gênés, parce que les primes seront à portée de leur bourse. - Et à supposer que l'intérêt d'une assurance même à prime très modique n'apparaisse pas aux yeux du plus grand nombre des abstentionnistes, l'office communal aura peu à peu la clientèle des commerçants qui, eux, sont forcés d'être assures. Leur bail, presque toujours, leur en fait une obligation; de plus, si un sinistre, partiel ou total, venait a les empêcher de faire honneur a leurs affaires, leur état de n-on assurés serait taxé d'imprévoyance et leur serait reproché comme un crime. Dès lors, l'armée d'agents que l'on évoque devient inutile, d'autant plus que la Ville sera en mesure d'offrir des tarifs plus réduits que les compagnies ne peuvent le faire. L'on aurait sans réclame, sans frais considérables, une clientèle progressive, dont le premier noyau, et un noyau important, pourrait être les locataires de la Ville. L'administration n'est-elle pas en droit de stipuler dans ses baux ou d'imposer aux fonctionnaires log_és l'obligation pour l'occupant de s'assurer a l'office municipal? La rnunicipalitc suivrait en cela l'exemple d'un grand nombre de propriétaires qui exigent de leurs locataires l'assurance à une compagnie sérieuse, parfois nommément désignée. Au surplus, ne pourrait-on frapper les habitants ou P.lutôt les compagnies dont les assurés seront secourus par le corps de pompiers, d'une indemnité équitable, puisqu'ils auraient recours à un service public, qui ne doit pas plus être gratuit que le service d'éclairage, d'eau ou de désinfection. - Bien entendu, les personnes assurées par

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