' ASSURANCES MUNICIPALES 539 motif avouable de restreindre aux depenses le service municipal d'assurances? Pourquoi des dépenses sans recettes? Le budget, la logique, voire même la morale commandent d'organiser un service d'assurance contre l'incendie, et pour la préservation du dommage et pour sa réparation. * * * Est-il possible pour la ville de Paris d'organiser et de soutenir la lutte contre les compagnies d'assurances sur son territoire? L'on objectera d'abord, peu sérieusement, que la dignité de l'administration est en cause! Et l'on dira que jamais un fonctionnaire ne mettra le même zéle qu'un particulier agissant pour son compte dans l'accomplissement de sa mission; que, si la concurrence disparait, l'esprit d'émulation s'efface, l'esprit de progrés s'envole et la routine vient régner en maîtresse. Mais la concurrence ne serait pas supprimée et, si celle-ci disparaissait, c'est que la Ville aurait mieux fait que ses concurrents. Puis, le directeur du service des assurances municipales ne tiendra-il pas à honneur de faire marcher ce nouveau rouage mieux que les autres? Il y a à !'Hôtel de Ville quelques excellents chefs de service, quelques trés bons fonctionnaires. Pourquoi n'en trouverait-on pas pour le service nouveau des assurances? Insistera-t-on et objectera-t-on que le public ne va pas au devant des assureurs et qu'il faudra à la Ville une nuée d'agents allant de porte en porte quémander des assurances? Et, dira-t-on, le besoin en .sera d'autant plus impérieux que les compagnies redoubleront de zéle pour soutenir la lutte. Nous répondrons que la multiplicité des courtiers allant à domicile est devenue plus nuisible qu'utile. Le temps n'e3t plus ou l'assurance était considérée comme un luxe, une dépense inutile. Tout le monde est convaincu de l'excellence de cette mesure de précaution. Pourtant le public ne court pas au devant des assureurs; même il les évite et les éconduit comme des fâcheux. Pourquoi? Mais précisément à cause de cette nuée d'agents qui cherchent à dénigrer telle ou telle compagnie concurrente. Toutes les personnes sollicitées sont fort perplexes dans le choix de la compagnie à laquelle il y a lieu d'accorder leur confiance, justement à cause de ce déniirement mutuel et à cause aussi de la réputation dont jouissent les compagnies d'assurances. Ne se répéte-t-011 pas que les sociétés cherchent à ençaisser les prime& les plus fortes possible, mais cherchent aussi à payer aux sinistrés les sommes ltis plus faibles possible, et le_urtiennent toujours
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