\ LA REVUE SOCIALISTE Un antre principe inique, établi par les compagnies et sanctionné par les tribunaux, est que la perception des primes ne constitue en rien la reconnaissance par la compagnie de la valeur des objets assurés. On assurera un immeuble ou l'agencement d'un magasin pour une somme de 50,000 francs, par exemple. Durant de longues années, la compagnie trouvera tout naturel d'encaisser des primes basées sur cette é\'aluation; mais, qu'un incendie détruise cet immeuble ou cet agencement, la compagnie présentera des contestations de toutes sortes sur sa valeur réelle, même si !'incendié démontre que le montant de l'assurance ne dépasse pas le prix d'achat. Tout serait a citer dans les polices d'assurances, comme preuYc de mauvaise foi des compagnies et semence de chicanes. Nous nous bornerons a rappeler que, en outre des nombreuses restrictions qu'elles comportent, les polices font une foule de recommandations et de défenses aux assurés, qui n'ont ainsi trop souvent que de bons billets. La création d'un service public de l'assurance, aussi nécessaire que celui de la voirie, aurait toutes chances d'être accueillie avec la plus grande faveur par l'opinion publique. Utilitaires, autant que légales, seraient les assurances municipales. U:gitime, sans aucun doute, serait l'organisation d'un office municipal d'assurances contre l'incendie. Que l'on nous permette d'en retrouver une preuve dans le fait que nous aven~ complètement a notre charge le corps des sapeurs-pompiers, qui coùte enormérnent, aux contribuables, tandis que les caisses mutuelles des incendies de la Meuse, de la Somme, des Ardennes et de la Marne fournissent des subventions aux communes pour achat de pompes a incendie. Il est vrai que cjans ces quatre départements l'assurance a gardé son caractère de 9ervice public. Le corps de pompiers n'est-il pas une véritable assurance qui est offerte aux administrés? Nous les garantissons, par conséquent, contre des risques trop considérables; nous les préservons d'une partie des desastres et des pertes amenés par l'incendie. Pourquoi ne les assurerions-nous pas intégralement contre tous les risques, contre toutes les pertes? . Pour se refuser a intervenir dans les frais d'entretien du corps des pompiers, les compagnies prétendent que le service d'incendie est, comme la police, un service public et, a ce titre, à charge exclusive des autorités communales. Soit; mais alors pourquoi s'arrêter en route? Pourqu04 les mesures préventives ou limitatives contre l'incendie ressortiraient-elles ~ules de la compétence des pouvoirs publics et n'y adjoindrait-on pas les mesures réparatrices? Oü est le
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