La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

ASSURANCES MUNICIPALES 537 but; et le service public de la préservation des biens et des personnes s'étend et se perfectionne sans cesse. En agissant de la sorte, le Conseil municipal ne fait que son devoir. Mais la question est de savoir s'il est légitime de faire supporter des charges de ce genre par les contribuables qui déjà paient des primes d'.-tssurances aux compagnies privées. Les sacrifices consentis pour le service des incendies (entretien des pompiers et pose d'appareils de sauvetage et <l'avertissement), profitent avant tout et surtout aux compagnies d'assurances. Si les ✓ incendies sont rapidement éteints, si un sinistre est conjuré dès son début ou si, gràce au secours des pompiers, un incendie est circonscrit, la Société qui aura assuré l'immeuble et son contenu aura moins à payer à l'assuré. Plus les secours publics et gratuits en cas de sinistre seront perfectionnés, c'est-à-dire plus la collectivité fera de sacrifices, plus aussi les compagnies feront de brillantes affaires. Est-cc juste? Qui oserait le prétendre ? Et c'est cependant pour allouer aux assureurs des bénéfices plus grands que les communes doivent s'imposer des charges très lourdes et faire parfois appel au dévouement de ,·olontaires, - des travailleurs pour la plupart. Ces derniers bravent le danger, affrontent la mort pour sauver leurs semblables, mais aussi, sans le vouloir, pour épargner aux compagnies des indemnités trop fortes. C'est le cas de dire qu'ils tirent les marrons du feu pour les autres .... Quand on accepte les responsabilités et les charges d'une situation, il est logique que l'on doive pouvoir en retirer les avantages. A cè point de vue seul, les communes auraient le devoir d'organiser clics-mêmes l'assurance. * * * L'assistance publique est venue doubler et compléter les efforts généreux mais insuffisants de la charité privée. Pourquoi l'assurance communale ne viendrait-elle pas suppléer aux défauts, défaiJlances et insuffisances intéressées de l'assurance privée? Tout d'abord les compagnies ne consentent pas volontiers des assurances pour les risques mobiliers de très faible valeur. Pour les assurances consenties, les compagnies ont une façon toute particulière de libeller leurs contrats, polices ou avenants; elles s'attribuent tous les droits, ne laissant a l'assuré que l'obligation de payer la prime pendant un temps déterminé. La rédaction de tous leurs actes est combinée en vue de la chicane, et de les mettre a même de contester à leurs assurés sinistrés le -droit au paiement de l'indemnité.

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