La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE statique et de la dynnmique phénoménales, de l'état et de l'action-, clic n'a pas perdu <leyue un seul instant, à travers toutes les complicntions rporphologiq ues, cette orientation initiale. En passant du mécanisme cosmologique résumé dans la gravitation universelle aux jeux inter-moléculaires physiques ou chimiques, inter et intra-cellulaire biologique, elle a modifié les termes sans toucher au fond des choses : remplaçant état par manicre d'être, et mou\'ement, a'ctivité, par cnergie, ce qui n'est qu'exprimer l'entrée en sccne de la manifestation vie, c'est-:i-dire appliquer le moyen de distinction ordinaire des classifications ou <les nomenclatures. Analyse, synthcse, sont l'alpha et l'omégn de nos possibilités de connaissance. Notre jugement repose en tout et pour tout sur ces deux seuls procédés, et ne peut sortir des limites qui ne sont les leurs que parce qu'elles sont celles mêmes de notre intellect, comme son mode logique d'action. Les .scindantcs classifications rcpondent aux besoins de clarté: méthodique d'une analyse vraiment digne de cc nom. La synthcsc, réplique à cette nnalyse et son complément indispensable, réclame les hypothcses unifiantes parce que unissantes, les gcnéralisations groupantes d'abord, finalement fondantes, faisant tout converger vers !'abstraite unité supcrieure par l'anénntissement successif de toutes les entitcs dressces nu beau milieu de la route, selon les caprices d'une mctaphysique d'autant plus imaginative qu'elle est moins débrouillée des rêves berceurs ou des tcrrifinnts cauchemars d'une dominatrice religiositc de matin crépusculaire, d'enfance d'humanité. Voilà cc que la philosophie scientifique de notre siècle <le science a mis définitivement en lumicre, affirme dans toutes les recherches de ses savants hors pairs, systématisé dans ses méthodes, et réalisé autant qu'il est donné à deux ou trois générations répondant à une période séculaire <le réaliser quelque chose, c'est-à-dire de lever un pan du voile de !'Isis éternelle dans la durcc, sans borne dans le déconcertant enfoncement de l'espace, et dont l'incompréhensibilité procure à la raison qui essaie de pénétrer son secret ce vertige d'abîme qu'a connu l'auteur des Pensées. Laplace, le Newton français du dcbut du présent sicclc, a achevé la conquête mathématique, célestement mécanisée, de l'univers, entreprise par son immortel maître. Nos physiciens, partis comme lui des mathématiques (Fourier, Ampère, etc.), ont transporté dans l'étude du jeu et des rapports moléculaires la philosophie du géomètre, et l'ont comme nssouplie au contact de phénoménes envisagés sous un aspect plus complexe. Ln possibilité d'expérimentation, de preuve des hypothcscs par reproduction à volonté du phénomène, a greffé un élément <l'information et compréhension <le premier ordre sur le tronc primordial mathématico-mécanique. Analytiquement, ils scindèrent

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