La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

ASSURANCES MUNICIPALES 53 I mieux au rôle édilitaire qui est de protéger avant tout les classes déshéritées. Mais, sans obligation, la bienfaisance de cet office risque d'être nulle et onéreuse, et finirait vraisemblablement par être un rouage de plus dans la lourde machine de l'assistance publique. Il faudrait pouvoir y joindre l'assurance sur la vie, telle que l'entendent les classes aisées, - grosse affaire trés compliquée, assez aléatoire (sans obligation), même pour une grande agglomération communale, et d'ajlleurs assujettie:\ l'autorisation préalable. Organiser l'assurance facultative contre les risques personnels d'abord ou conjointement avec l'assurance contre l'incendie, ce serait mettre la charrue devant les bœufs. Restent seules ouvertes aux dcpartcments et aux grandes communes les assurances contre l'incendie, au moyen desquelles il serait possible, sinon d'amorcer de suite une caisse des inYalides du travail, du moins d'admettre les propriétaires ou chefs d'établissements industriels :\ garantir contre l'incendie et ses conséquences, non seulement leurs établissements, mais encore le montant des salaires de leurs ouvriers pendant une période déterminée. Et les communes y gagneraient tout au moins l'économie de leurs dépenses pour l'assurance préventive contre l'incendie; celles-ci seraient désormais couvertes et au delà par les recettes des primes de l'assurance réparatrice. Afin de préparer toute la population à l'acceptation finale du monopole des assurances par les pou\'oirs publics, Paris, qui a déjà donné tant et de si nobles exemples, se doit:\ lui-même de marcher de l'avant, Yers la conquête du droit à percevoir des revenus complémentaires sous la forme de taxes obligatoires d'assurance. - Puisqu'en France l'assurance obligatoire n'est pas encore organisce et n'est pas légale, :\ Paris de la conqw'.:rir par le contraste de ce qu'il fera avec l'assurance facultative et de cc qu'il aurait pu faire avec l'assurance obligatoire. Paris se doit à lui-même, à son rôle d'initiateur, d'arriver à bout de créer un office municipal d'assurance contre l'incendie. * * * L'assurance obligatoire et généralisée figure dans le programme socialiste. Mais sa réalisation· aurait à surmonter trop d'impedimenta, à venir à bout de trop de moyens dilatoires, a subir trop de retards ad- - ministratifs et législatifs. Il faudrait attendre trop longtemps, de la grâce ministérielle et du bon plaisir parlementaire, les lois nécessaires. Tout en réservant l'avenir, et même pour le mieux préparer, n'est-il ' pas préférable de commencer par se cantonner dans la pins stricte légalité et de ne faire que ce qui eS't indubitablement permis, et ce dont

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==