La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

53° LA REVUE SOCIALISTE même un devoir sacré de la législation de donner à celui qui ne peut aYoir que de petites économies le moyen de jouir avec sécurité d'une institution de prévoyance? Il faut étendre aux classes laborieuses les bienfaits de l'assurance .... » Mais il était fatal que l'assurance officielle facultatiYe contre les risques personnels ne pouvait réussir, car les riches, assurés par leur aisance, n'ont pas voulu et les pauvres n'ont pas pu verser. Sans obligation, l'assurance contre les risques personnels par la collectivitc nationale, départementale ou communale, n'est qu'un leurre et ne peut aboutir qu'a des résultats insignifiants. \'oilà pourquoi, dans les pays du Self-Help, l'Angleterre et les États-Unis, les auteurs de propositions d'assurances officielles régionales ou communales, se sont bornés a demander le service public de l'assurance immobiliere, laquelle doit entrer dans le domaine collectif des citoyens, au même titre que les rues, les promenades, les bibliotheques, les abattoirs, le~ cimeticres, l'eau, le gaz, etc .... En Belgique, - où, apres vingt-trois années d'expérience et d'observations faites sur place, M. J.-A. Wclscb, commandant du corps de pompiers de la ville de Gand, a abouti a la même conclusion que M. le colonel PJris, qui terminait son livre Le Feu a Paris et en Amérique en se demandant pourquoi la ville de Paris ne se ferait pas son propre assureur, - où la ville de Bruxelles est devenue son propre assureur pour les immeubles communaux, - où l'assurance par l'État fut jadis préconisée par des conservateurs éminents comme MM. Charles de Brouckere, Malou et Tesch, - en Belgique les citoyens Louis Bertrand et Delbastéc défendent ardemment l'institution de caisses communales d'assurances contre l'incendie. Et leurs propositions aux conseils communaux de Schaerbeek et de Bruxelles m'ont été trcs p-récieuses pour la confection d'un rapport que j'eus l'honneur de voir adopté en mars dernier par le Conseil municipal de .. Paris. Les conclusions de ce rapport étaient conformes à diverses propositions de mes collegucs Blacbette, Blondeau, Breuillé, Champoudry, Picau et Paul Brousse tendant a la création pour la ville de Paris d'une caisse d'assurance municipale contre l'incendie. Avant de parler de ce projet, qu'il me soit permis de rappeler a nouveau que tous les excellents esprits, qui ont pensé qu'a défaut de permission de l'assurance obligatoire, les provinces et les communes aYaient le devoir d'organiser en elles et par elles l'assurance facultative, ont unanimement affirmé qu'il ne conviendrait pas de débuter par tous les genres d'assurance a la fois. S'il est vrai que celui qui ne sait pas se borner ne sait pas écrire, il est encore plus vrai que celui qui ne sait pas se borner ne sait pas administrer. Certes des assurances contre la maladie, les accidents, le chômage et la vieillesse seraient les plus urgentes et conviendraient le .

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