ASSURANCES MUNICIPALES A un autre point de Yue, l'assurance officielle a rendu des services incontestables, parce qu'elle a su assurer les pauvres, ce dont les sociétés privées se sont toujours montrées incapables. De 1866 .'t 187 r, dix-neuf sociétés publiques allemandes, dont les comptes rendus ont permis de faire ce relevé, ont assun'.: des immeubles couverts en chaume ou en autres matières inflammables pour une valeur de 2,847,971,000 thalers et payé pour ces immeubles des indemnitcs s'élevant à 15,103,918 thalers, c'est-à-dire égale:\. 5.303 °/oo de la somme assurée. En 1878, les sociétés publiques allemandes assuraient pour 1,188 millions de thalers d'immeubles couverts en chaume et elles payaient en moyenne tous les ans pour ces immeubles de 5 :\. 6 millions de thalers d'indemnités. Malgré cette charge énorme, l'assurance par les sociétés publiques est moins chère en Allemagne que par les sociétés par actions. Les sociétés publiques n'ont consacré que 4 °/o des versements des assurés aux frais d'administration, tandis que les sociétés par actions ont l!mployé en frais d'administration et en dividendes 37 °/ode ces versements. Les sociétés publiques ont fait les mêmes paiements que les sociétés par actions pour 24,861,000 thalers de moins. Nous retrouvons les sociétés publiques d'assurance en Suède, où il y en a trois; dans l'Autriche allemande ·où il y en a sept, et en Suisse où l'on compte une vingtaine d'établissements cantonaux d'assurance contre l'incendie, tous fondés au commencement de cc siècle. * "' * L'assurance officielle est donc praticable, puisqu'elle fonctionne ça et là, avec ou sans monopole et que, la où elle existe, elle est préférée à l'assurance par les compagnies. Mais, fait que l'on ne saurait trop souligner, il n'y a de sociétés publiques d'assurance que contre l'incendie. Certains cantons suisses ont voulu organiser l'assurance facultative contre les risques personnels, notamment contre le chômage et la maladie. Ç'a toujours été la montagne accouchant d'une souris. De même, en Angleterre, l'Act de 1864 confiant à l'État l'assurance en cas de décès et en cas de vie sous la forme de rente viagère, n'eut pas plus de succès qu'en France les caisses analogues fondces par le second Empire. Assurément ils étaient nobles !es motifs invoqüés en 1864 par M. Gladstone : « Pour porter remède a de graves abus l'intervention de l'État s'est exercée par la loi sur les manufactures et dans certaines questions d'hygiène. N'est-il pas aussi juste, utile et politique~ dans le sens le plus élevé du mot, n'est-cc pas H
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