LA REVUE SOCIALISTE M. Yves Guyot proposa autrefois de dénationaliser le service des cultes et de n'en rendre la solde obligatoire que dans les communes où la majorité se serait prononcée en sa faveur. M. Yves Guyot voulait municipaliser la religion. Eh bien, nous prions les disciples et adeptes de M. YYcs Guyot de laisser les communes décapitaliser les assurances et organiser leur service d'assistance en un service <l'assurance obligatoire. Si l'on veut sérieusement modifier le système de l'assistance publique reconnu défectueux et mettre fin à ses inutiles gaspillages, et substituer aux insuffisants remèdes de l'aumône officielle toute une organisation rationnelle de mesures préventives, inspirées par une sage hygiène sociale, il n'y a pas d'autre remède que l'assurance obligatoire par la commune contre tous risques personnels, mobiliers et immobiliers. L'avenir est là, et il n'est que là. . En quoi une taxe d'assurance serait-elle plus illégitime, plus vexatoire, plus attentatoire à la liberté que toute autre taxe, - d'octroi par exemple? * * * Jusqu'à cc jour aucun État n'a encore, ni pour son propre compte ni pour celui des districts ou communes, centralisé tous les genres d'assurance, et essayé de donner à l'assurance généralisée et universalisée l'unité de direction et d'organisation, et de rendre ainsi, avec un minimum de dépenses de forces, un maximum <l'effet utile. L'assurance ouvrière personnelle obligatoire fonctionne bien en Allemagne, mais elle est complète1~1ent séparée et distinguée, avec des rouages différents, de l'assurance immobilière et mobilière. Cette dernière est gérée ici par des sociétés publiques, là par des sociétés privées. Les sociétés publiques allemandes ont, en Bavière, Saxe et Wurtemberg, un caractère national, et en Prusse un caractère provincial ou même communal. Elles sont gérées par les autorités compétentes de la proYince ou <le la commune, et ont, en général, dans le même ressort le monopole des assurances immobilières, et parfois le droit d'obliger les propriétaires à faire assurer leurs immeubles. La suppression de l'assurance obligatoire pour un grand nombre de ces sociétés leur porta un coup sensible, dont elles se relevèrent en entreprenant d'assurer aussi les meubles facultativement. A Berlin, pendant l'exercice de 1878, la caisse d'assurances immobilières de la ville a assuré à très bon marché un ensemble de valeurs immobilières s'élevant à I ,831 millions de marks; pendant le même exercice, vingt-neuf compagnies privées se sont partagé un ensemble de valeurs mobilières s'élevant à r,632 millions de marks. -
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