ASSURANCES MUNICIPALES Il s'agit de sanctionner le droit :\ l'assurance, c'est-a-dire au fond d'organiser la prévoyance obligatoire, tout en obéissant à la tradition communiste de l'humanité qui a parfois inspiré les rois eux-mêmes. Henri 1V édicta, en 1604, que le trentiéme des revenus des mines serait affecté au soulagement des blessés et de leurs familles. De même c'est aux patrons et à la collectivité nationale que reYient l'obligation d'assurer un minimum de garanties à l'ouvrier, le versement d'une prime devan"t être facultatif pour ce dernier, c'est-à-dire ne devenir obligatoire qu'au cas où il manifesterait le desir d'épargner quand même pour se mieux assurer. Si l~s deniers publics peuYent être consacrés à des œuvres d'assistance et de solidarité, a fortiori peuvent-ils être employés à des œuvres d'assurances, lesquelles dispensent bien souvent de l'assistance. En économie sociale, comme en médecine, il veut mieux prévoir les maux que d'avoir à l~s guerir. C'est plus facile, peut-être moins coûteux, en tous cas plus sûr. Voilà pourquoi la prévoyance obligatoire est de nouveau à l'ordre du jour, voilà pourquoi l'on revient aux projets d'assurance forcée qui remontent à la Convention et à l'Assemblée constituante de 1848, et que le monde du travail a accueilli avec tant de faveur les ingénieux systémes d'assurance obligatoire de M. Forster en Angleterre, de M. Jacques Escuyer en France, - et que la prévoyance obligatoire fonctionne en Allemagne, - et que la principale plate-forme électorale du parti socialiste français aux présentes élections est la constitution obligatoire d'une retraite à tous les travailleurs. Mais, de même que la caisse de retraite pour la vieillesse, les deux caisses publiques, en cas de déces et en cas d'accident, n'ont donné que des résultats à la fois nuls et onéreux, onéreux pour l'État, à peu prés nuls pour le public, les ~àlaires ouvriers ne comportant pas des prélévements multiples. De plus il est démontré que, - malgré l'intervention trop restreinte des pouvoirs publics, l'extension des compagnies d'assurances, et la multiplication des sociétés de secours m1,1tuels, - c'est précisément la classe la plus intéressante qui ne peut s'assurer, celle qui tombe fatalement dans l'indigeRce, par conséquent à la charge de l'assistance publique. Ce sont donc finalement les deniers publics qui doivent partiellement réparer les maux causés par le hasard, par l'égoïsme patronal et par les défauts des compagnies. L'initiative purement privée est prise en flagrant délit d'insuffisance et d'impuissance. Au surplus, l'on doit faii:e les mêmes reproches d'insuffisance et .d'impuissance dans les œuvres de philanthropie et de solidarité à l'État, parce qu'il a toujours manqué de hardiesse, parce que volontairement ses représentants ont toujours négligé les recettes larges et
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