520 LA REVUE SOCIALISTE fructueuses des comp:ignies Je chemins de fer et d'assurnnces et parce que la gent officielle persiste à soutenir que les mesures de sccurité préYenti,·e sont seules du domaine Je l'État et non pas les mesures d'assurance réparatrice. Ce qui revient à dire que les dépenses sont du dom:iine de l'Êtat, mais non pas les recettes. -Le capitalisme consent à profiter des dépenses de la communautc, m:iis il ne veut pas contribuer à des recettes ni abandonner une partie de celles qu'on lui laisse abusivement détourner dans son coffre-fort. * * * Tant qu'il y a des depenses à faire, pour prévenir les accidents et garantir la sécuritc publique, l'on Yeut bien reconnaître à l'État le droit d'intervention. Le service des dcpenses est un service public, le service des recettes ne l'est plus. Ainsi l'État, ou l'Administration municipale, qui est une de ses branches, doit éleYer des balises, allumer des phares, organiser le pilotage, multiplier les engins de préser\'ation contre l'incendie et subYentionner les pompiers, instituer des quarantaines, des conseils d'hygiène et de salubrité, ass~inir les villes, creuser des réservoirs, construire des écluses, des barrages, des digues, découvrir des moyens efficaces de conjurer la grêle et de prévenir les épizooties, etc.- Mais s'agit-il de faire d'heureuses violences a la propriété en imposant le tout à l'égout, en proscrivant les habitations insalubres, en prescrivant l'obligation de l'assurance, l'on déclare sentencieusement que la mission tutélaire des représentants des intérêts généraux s'arrête au moment précis où la propriété serait effieurce, où des recettes seraient à percevoir. Les recettes larges et fructueuses sont faites pour les intérêts particuliers de quelques privilégiés de la bourgeoisie, pour les parasites des compagnies d'assurnnces qui vivent grnssement du tribut qu'ils imposent à la prudence stimulée de leurs concitoyens. fü'.:sultats : les actionnaires de la Compagnied'assurancesgénérales, du Pbé11ix, de la Nationale, de l'U11io11, du Soleil, de la Fra11ce, de l'Urbai11e, ont t0uché de tels dividendes que le capital constitutif a été au moins décuple, et souvent porté à un chiffre trente fois plus fort que le chiffre primitif. Pour l'ensemble des compagnies françaises d'assurances contre l'incendie, les résultats généraux de l'exercice 1896 peuvent se résumer ainsi : augmentation d'un million et demi sur les primes encaissées en 1895; diminution de deux millions sur les sommes payées pour sinistres; soit au total trois millions et demi de recettes en
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