La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

ASSURANCES MUNICIPALES reformatrice se reveil!a de sa torpeur, l'opinion publique sut tirer des oubliettes cette conception d'un serYice public des assurances. Des l'annee 1846, les conseils genéraux eux-mêmes demandcrent que l'Etat fût substitué aux compagnies. En 1848, le gouvernement provisoire ayant annonce le rachat prochain de toutes les assurances pour le compte de l'Etat, le ministre des finances presenta, dans la seance du 8 juin, un projet de décret tendant à ce que l'Etat prit possession des assurances contre l'incendie, puis déclarât l'assurance des valeurs immobilières, ainsi que celle du mobilier personnel, obligatoire, et l'assurance des marchandises, du mobilier industriel, des récoltes et du bétail, facultative. Les travaux de la commission nommée pour l'examen n'ayant pas abouti, la proposition fut reprise. Mais pendant ce temps la reaction avait grandi; l'assurance par l'État fut Jefinitivement repoussée par l'Assemblée nationale, dans sa séance du 10 mai 185 I. Les bènefices du service public des assurances, comme ceux des chemins de fer, furent laissés a des compagnies. Sauf dans les écrits de M. Emile de Girardin qui préconisa l'impôtassurance, l'idée de l'impôt-sécurité ne devait plus reparaître au grand jour qu'après l'établissement de la troisième République, sous forme de propositions de lois, dont la plus étudiée et la plus récente est celle déposée en I 894 par M. J. Bourgeois, député du Jura : Un gouvernement qui comprend sa mission et désire la remplir, ecnvait M. J. Bomgeois dans une petite brochure de polémique, doit subvenir aux dépenses publiques, garantir les citoyens pauvres contre les extrémités de la misère et garantir aussi la propriété, non pas seulement, comme disait le brigadier à Pandore« du vol et de l'i11iq11ité ii, mais encore des fléaux. JI doit prévoir! On se plaint que la prévoyance fasse défaut dans les classes inférieures, Quoi d'étonnant? quand les classes supérieures peuvent exploiter tout à l'aist cette vertu sociale sans en rendre compte à personne qu'à des actionnaires avides et insatiables. Depuis de longues années, nos gouvernants les mieux intentionnés n'ont pas osé aborder ce problème, pourtant si facile à résoudre. Entourés de gros bonnets - qui n'ont jamais travaillé, ni semé, ni récolté, et qui trouvent tout abondamment sur le terrain mal défriché de l'économie sociale - ils deviennent timides, timorés, indécis et déploient beaucoup d'habileté à ne rien fàire, pour ne pas se heurter à des responsabilités. Ne pourrionsnous pas admettre pourtant que l'Etat, qui a tant de monopoles, celui des allumettes, du tabac, des timbres, des postes et télégraphes, et qui a peut-être le tort de livrer les chemins de fer aux entreprises financières, prît à sa charge les assurances et réalisât, en les centralisant sous une seule administration péu coûteuse, et avec la facilité des moyens qui sont toujours à sa disposition, les bénéfices nécessaires à la suppression demandée au profit de tous? Les produits des assurances auraient ce caractère particulier qu'ils seraient le prix d'un service et non, comme l'impôt de consommation, celui d'une vexation et d'une

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