LA REVUE SOCIALISTE ASSURANCES MUNICIPALES L'assurance, a-t-on dit, est la compensation des effets malheureux du hasard sur le patrimoine de l'homme par la mutualité organisée suivant les lois de la statistique. Cependant, comme les hommes n'ont jamais été, en majorité, ni assez sages pour prévoir aYec accord et ensemble, ni assez altruistes, ni suffisamment doués d'intelligence égoïste pour se grouper profes- ,ionnellement ou administrativement en sociétés d'assistance mutuelle et <l'aide r~c1proque, ç'a toujours été des spéculateurs qui, moyennant le gra,se~ prébendes, sont venus leur offrir de les couvrir contre les nsq ues àe la vie et les accidents inattendus susceptibles de dérouter les c..1lculsde l'économie et de la prévoyance individuelle. L'assurance maritime a natu,-ellement été la premiere application .:Jel'idée de faire un sacrifice partiel pour être indemnisé, le cas échéant, Je la perte du tout. Mais les origines de l'assurance maritime se retrouvent bien moins dans ce sentiment de sécurité prévisionnelle que dans les intérèts des capitalistes du Moyen-Age. Nous avons nommé les J rmateurs. - Au Moyen-Age, l'Eglise proscrivant le prêt a intérêt, se montrait surtout hostile au prêt a la grosse aventure, et les armateurs, pour échapper aux difficultés que leur suscitaient les tribunaux ecclé- ~iastiques, imaginèrent les assurances. • Les compagnies d'assurances terrestres sont de date plus récente ~t n'apparurent ei1 France qu'au dix-huitième siècle, et tout de suite nec leur vrai caractere exploiteur. Si bien qu'elles furent toutes supprimées pendant la Révolution comme des corporations et des privi- • !cges Il est donc au moins étrange de baser sur l'esprit de la Révolution :rançaise la liberté <l'esassurances et la prétention que c'est la une affaire purement privée où la collectivité, Etat, Département ou Commune, n'a pas a intervenir. La vérité est que les hommes de la Révolution pensérent que les assurances étaient du ressort de la Nation, et devaient être organisées, comme disent aujourd'hui les socialistes, en service public. Quand, aux approches de 1848, la France révolutionnaire et
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