508 LA REVUE SOCIALISTE Je m'arrête. Car pour M. Alexis Bertrand, il paraît que ne pas croire à l'universel génie de Comte c'est« le méconnaître et l'injurier». Je devrai donc admettre sans discussion la classification des sciences de Comte et répéter après M. Bertrand:« L'appliquer-à l'organisation de l'enseignement, c'est à la fois le fonder sur la vraie nature des sciences et rester fidèles au passé scientifique de la race, à l'évolution et aux ,traditions bien interprétées. » Il me semble entendre Pascal parler de la vraie religion. J'entends bien que le dogmatisme comtiste est moins dangereux que le catholique, parce qu'il n'est pas imposé par un clergé organisé sous une direction unique. Il nous est moins désagréable, mais il ne nous satisfait guère mieux. GEORGES DALBERT. Mémoires du général baron de Marbot; nouvelle édition (Plon, 1 ourrit et Cie, 3 vol. in-8°). - La maison Pion vient de donner une nouvelle édition (à 3 fr. 50 le vol.) des Mé111où-edse Marbot qui firent tant d'émotion il y a quelques années. On était alors dans le feu du napoléonisme et le public accueillit avec enthousiasme les mémoires d'un .homme qui avait fait la guerre de r 799 ù 1815. En réalité, la partie vraiment intéressante des Mémoires s'arrête à la fin de la campagne de 1813 en Allemagne. En r 814, pendant b campagne de France, Marbot resta commandant de place et ne prit part à aucune bataille : sur sa conduite à Waterloo, où il fut chargé de prendre avec sa brigade de cavalerie le contact de Grouchy, nous n'avons que deux lettres trop courtes. Par contre Marbot fait un retour sur son enfance et donne à ce sujet quelques détails intéressants. JI est né dans une famille de petits nobles de campagne limousins, apparentés à la famille de Canrobert. Ses oncles émigrérent. Son père, ancien garde du corps, prit du service dans l'armée républicaine et devint général de division. Pendant les « orages révolutionnaires», le jeune Marbot (né en 1782) était élevé d'abord dans un pensionnat de demoiselles où l'on priait à deux genoux pour le martyr Louis XVI, puis au collègé des bénédictins de Sorèse, déguisés en éducateurs républicains. « Les moines prirent l'habit laïque et le nom de citoyen remplaça celui de dom. A cela près rien d'essentiel n'était changé dans ce collège .... Des représentants du peuple en mission parcouraient les provinces et pxesque tous ceux qui dominaient dans le Midi vinrent visiter l'établissement de Sorèse, dont le titre militaire sonnait agréablement à leurs oreilles. Le citoyen Ferlus avait un talent tout particulier pour leur persuader qu'ils devaient soutenir un établissement destiné à former une nouvelle jeunesse, l'espoir cle la patrie; aussi en obtenait-il tout ce qu'il voulait.. .. On chantait des hymnes nationaux, et lorsqu'on visitait les classes, surtout celles d'histoire, on trouvait toujours l'occasion d'amener quelques tirades sur l'excellence du gouvernement républicain et les vertus patriotiques qui en dérivent. » Après quelques années passées chez les oratoriens, Marbot s'engage dans les housards. On était encore en République et personne ne pouvait devenir officier sans avoir été soldat. Nous ne suivrons pas Marbot d'un bout à l'autre du récit où il se dépeint avec beaucoup de simplicité et de bonne foi, comme
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