REVUE DES LIVRES précieuses facultés de documentation employées dans ses précédents ouvrages, et notamment dans son rapport sur l'Assistance publique dans les anciennes civilisations. Appuyé de l'opinion de Faustin Hélie et de Garraud, il conteste le droit de punir les individus simplement parce qu'ils sont paunes. Comment, en effet, punir la mendicité, dans une société où l'assistance publique est encore à l'état rudimentaire! Comme conclusion, il demande la suppression des dépôts de mendicité et l'ouverture par l'État d'ateliers où les « sans-travail » pourront trouver de l'ouvrage dans les conditions du salaire normal et sans être astreints à un internement qui devient, par la force des choses, un emprisonnement. Regnard propose de plus la suppression des articles du code qui répriment le vagabondage et la mendicité, et demande qu'ils soient remplacés par des dispositions pénales contre ceux qui, sous prétexte d'indigence, molesteront ou menaceront les passants ou bien simuleront des infirmités. La brochure de Regnard sera consultée avec fruit par tous ceux qui s'occupent des questions d'assistance sociale. E. F. ALEXIS BERTRAND : L'Enseignement intégral (Félix Alcan). - Tandis que les conservateurs se plaignent de la diffusion de l'instruction et réclament que l'éducation du peuple se réduise à la religion et à quelques notions utilitaires, M. Alexis Bertrand, positiviste-comtiste et professeur de philosophie à l'université de Lyon, trace un plan gigantesque d'éducation intégrale pour la France. M. Alexis Bertrand se défend de vouloir fabriquer des fonctionnaires ; avec son maître Comte, il croit que l'inégalité des conditions est nécessaire et éternelle. Il ne souhaite même pas l'égalité dans la vie matérielle ou quelque chose d'approchant. Comme les comtistes, il se place bien à l'écart de la révolution sociale. Que veut-il donc réformer? L'esprit des ouvriers manuels par un cours d'éducation scientifique et littéraire commun à tous les citoyens et dirigé de manière à développer l'esprit et non point en vue de diplômes négociables. Le cours d'étude serait ouvert aux femmes à peu près comme aux hommes; on pourrait y venir à n'importe quel âge. Les soldats, durant leur service, auraient deux heures par semaine d'éducation nationale. Par cet enseignement « sans baccalauréats », on donnerait à tous les connaissances générales qui font un homme, sans inspirer à personne le désir de quitter le poste qu'il occupe et sans ruiner la division du travail, base indispensable de la civilisation moderne. On saisit le mélange d'intentions généreuses et d'immobilisme chimérique qui caractérisent l'ouvrage de M. Bertrand. Aux considérations générales et au plan d'éducation s'ajoutent les panégyriques de deux précurseurs : Descartes, professeur (Quoi! parce qu'il a enseigné les mathématiques au cordonnier Dick Rembrantz et à un de ses domestiques, Descartes serait le fondateur de l'éducation intégrale!) et Comte éducateur et fondateur de l'enseignement populaire. Qu'a-t-il fondé? l'Associationpolytechnique I Encore n'était-il pas seul pour cela.
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