La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

REVUE DES LIVRES un officier brave et consciencieux. Après avoir fait campagne tous les ans, dans l'état-major jusqu'en 18 II, puis à la tête d'un régiment de cavalerie, il fut nommé général de brigade pendant les Cent-Jours, mais sa nomination ne fut confirmée que par Louis-Philippe en 1830. Je voudrais me contenter de choisir quelques faits d'un intérêt général parmi les nombreux détails des Mémoires. Marbot confirme l'absence de distributions régulières dans les armées de Napoléon. Les soldats vivaient sur le p:iys et s'habillaient comme ils le pouvaient. L'intendance ne fonctionna jamais d'une manière satisfaisante. De là l'épouvantable désastre de Russie oü les soldats n'eurent ni vêtements ni souliers de rechange et furent obligés de se chauffer avec le bois des affûts ou des fourgons et de se nourrir avec les chevaux de trait. Marbot ajoute encore quelques traits amusants, parfois utiles au portrait et à la biographie de q·uelques lieutenants de Napoléon : Augereau, Lannes, Masséna, Saint-Cyr. Il raconte une fois de plus les rivalités qui divisaient les maréchaux et les poussaient à se refuser assistance quand l'empereur n'était pas là pour les y forcer. En Portugal, Victor refuse de marcher au secours de Soult; Ney et Bessières ne veulent pas seconder l'attaque de Masséna contre Wellington fortifié à Torres-Vedras. Toutes ces remarques ou observations sont pn:cieuses, mais on en voudrait davantage. Le caractéristique manque parfois aux Mémoires de Marbot; les chevauchées, les coups de sabre, les épisodes y sont émouvants, imprévus, mais ne s'encadrent pas nécessairement dans les années 1799 à 1815. L'historien ne trouve pas toujours son compte à cette lecture. Mais les amateurs d'aventures vécues et de roman vrai en seront charmés; et voilà, plutôt que le napoléonisme, la cause durable du succès de ces Mémoires. GEORGES DALBERT . •

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