506 LA REVUE SOCIALISTE lisme) ne retranchera rien à la somme des connaissances acquises. » Et cela remplacera les dogmes. La science éclairera les hommes sur leur devoir, qui est de se conformer aü plan général de justice de l'univers. Et cela remplacera, ou plutôt cela constituera la morale. Que M. Arréat critique après cela le socialisme, il nous importe peu. Une lecture de quelques heures lui prouvera aisément que l'égalité économique que nous rêvons naît de l'égalisation mécanique des producteurs par les progrès de l'industrie. Nous avons, certes, tout comme M. Arréat, une notion de b justice abstraite, mais non pas abstraite des réalités. Notre politique réformiste répond ici pour nous. M. Am~at n'a qu'à ouvrir un journal pour s'en com·aincre. Mais nous lui pardonnons plus facilement ce détail que les théologiens et les métaphysiciens ne lui pardonneront l'ensemble de son beau Jiyre. Et cela est l'essentiel. E. F. JEAN DE MrrTY : Napoléon, extrait des notes de Stendhal (Édition de la Revue bla11che). - M. de Mitty est un stendhalien dissident. Les autres s'approprient Stendhal, l'encadrent dans leur manière de penser. Lui, s'approprie ~ au maître et ne songe qu'à en présenter la pensée sous tous les aspects. Cette manière demande plus d'abnégation et, ceci n'est pas un paradoxe, plus de philosophie. La moitié du livre qu'il nous présente aujourd'hui est formée des notes de Stendhal sur Napoléon. Il rétablit le mot cruel : « J'ai cent mille hommes de rente! » que Mérimée, trop pieux exécuteur testamentaire, avait biffé avec, en marge, cette annotation : « Cette parole nt fait honneur ni à celui qui l'a prononcée, ni à celui qui l'a rapportée. » Ces notes forment une précieuse contribution à la philosophie de l'histoire. Il y est à fréquentes fois insisté sur ce fait que Napoléon haïssait les talents et ne s'entourait que de médiocres, confinés, quels que fussent leurs titres brillants et leurs apparentes fonctions, dans des besognes de commis. Les despotes parvenus sont condamnés à s'entourer ainsi ou à succomber sous les coups des intelligents qu'ils se seront associés. II est vrai qu'ils succombent d'une autre manière : sous la tâche trop lourde et sous les fautes des commis ajoutées aux leurs propres. Et c'est la condamnation logique de la tyrannie. E. F. A. REGNARD : De la Suppression des Délits de Vagabondage et de Mendicité (Librairie Larose). - Regnard part de ce principe que l'oisiveté n'est pas un délit, puisqu'elle n'est pas réprimée chez ceux qui possèdent les moyens de l'entretenir. Le vagabondage et la mendicité, fussent-ils uniquement causés par l'oisiveté, ne sont pas davantage des délits. II propose donc la réforme de nos codes en ce sens. Avec l'érudition que lui connaissent les lecteurs de la Revue, Regnard nous donne un historique complet de la question, où nous retrouvons les
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