REVUE DES LIVRES 503 jeune enseignement secondaire. Si certains essais n'ont pas tous réussi, c'est parce qu'ils ont été mal conduits par des professeurs mal préparés. L'enseignement nouveau a magistralement fait ses preuves depuis 1847 dans un établissement que la ville de Paris a entouré d'une sollicitude particulière : le collège Chaptal. M. Cadoux s'est attaché à indiquer les magnifiques résultats obtenus par l'enseignement de ce véritable « collège français » et à démontrer ainsi l'inanité des préventions contre la généralisation de l'enseignement moderne. Dans sa lettre-préface, M. Léon Bourgeois croit aussi qu'il peut exister à côté de la haute culture classique une autre culture génér:ile des esprits, « également libérale, fondée sur une philosophie aussi généreuse, non moins propre à développer le sentiment esthétique, et mieux faite pour entraîner le plus grand nombre vers la vie réelle et l'action)). C'est possible. Mais M. Bourgeois est mal qualifié pour préconiser l'action. Que cet habile discoureur ne prêche-t-il d'exemple! A. V. PAULDuaosT : La Socialiste (Librairie académique Perrin). - Ceci est l'histoire d'un jeune sociologue de cabinet revenu dans son pays natal pour étudier de près la classe ouvrière et pris à la fois à l'amour de MarieThérèse, la socialiste, et à l'action syndicale qui s'organise pour sauver l'usine d'une coalition d'accapareurs. Il se heurte à toutes les forces sociales de la petite ville, ne sait à la fois être nettement avec les syndiqués ni éclairer la bourgeoisie locale sur ses devoirs qui sont ici d'accord avec ses intérêts. Renié par les ouvriers, combattu par la bourgeoisie, il voit celle qu'il aime se jeter au plus fort de l'émeute et y trouver la mort. De même qu'il n'a pas eu l'énergie d'agir, il n'a pas celle de mourir. Il promènera sa jeunesse veuve d'amour et de rêves, sans que sa douleur soit utile à personne ni à lui-même. C'est l'enseignement à retenir de ce livre, où M. Dubost a peint un des trop nombreux jeunes hommes de ce temps, soustraits par les exquises douleurs du rêve aux rudes joies de l'action. E. F. LucIEN ARRÉAT: Les Croyances de demain (r vol. in-18, Félix Alcan). - Voilà un livre qui réchauffera et réjouira le cceur de ceux pour lesquels l'idéal est le prolongement en esprit des réalités connues. L'idéalisme philosophique de M. Lucien Arréat, en effet, est pur de tout alliage métaphysique. C'est sur l'ordre même de l'univers qu'il modèle l'ordre futur, c'est de la justice mécanique dans la nature qu'il fait découler la justice morale dans la vie. Et qu'on ne croie pas que M. Arréat parle seulement pour l'avenir. Le •passé témoigne de l'effort continu des hommes vers une morale et une justice dont la nature leur donnait l'exemple. C'est la relation de cause à effet qui dès qu'elle fut observée agit sur nous et imposa à nos actes les sanctions théoriques qu'ils recevaient déjà des faits. De là le caractère de justice et de moralité des religions, qui donnèrent au bien et au mal, c'est-à-dire à l'utile et au nuisible. les sanctions extraterrestres que l'imperfection sociale ne permettait
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