REVUE DES LIVRES 501 sociologue, faits ou idées, et de présenter ainsi annuellement un tableau de l'état où se trouve la sociologie générale. Il ne s'agit donc pas de synthése sociologique, mais plus simplement d'une juxtaposition méthodique d'analyses des productions. sociologiques de toutes langues et de toutes tendances. M. Durkheim a réparti ses rapprochements de livres en six sections. La première (sociologie générale), confiée à M. Bouglé, a été subdivisée par lui : 1° en sociologie philosophique; 2° sociologie biologique; 3° sociologie psychologique et spécifique. M. Bouglé termine ses analyses par une énumération trés rapide des thèses plausibles qui s'en dégagent. M. Mauss a fourni une très complète revue des dernières pensées formulées par des écrivains très divers et de toutes races sur les différentes manifestations des cultes, rituels et mythes, et les problèmes soulevés par la sociologie religieuse. MM. Lapie, Durkheim et Lévy ont étudié à travers les derniers livres parus les théories générales sur le droit et la morale, les mœurs et la famille, l'organisation sociale et la propriété, bref, sur la sociologie morale et juridique. M. Richard entend la sociologie criminelie autrement que Lombroso qui, par sa façon de constituer l'anthropologie, risquait d'isoler le problème criminologique et le problème sociologique. M. Richard affirme l'existence d'une tendance qui porte la statistique et l'anthropologie criminelle l'une vers l'autre, tendance qui coïnciderait avec la spécification des problèmes et des études. La cinquième section, sous le titre général de « sociologie économique», a été affectée par M. François Simiand à l'étude des théories économiques, de. quelques groupements professionnels et de l'histoire du travail. Toutes sortes de questions très intéressantes sont naturellement soulevées, puisqve la vie économique est le substrat et la condition de toute la vie sociale. La sixième section traite de soda-géographie et de démographie. f A. V. Le Socialisme et le Mouvement social au dix-neuvième siècle, par WERNER-SOMBARpTr,ofesseur à l'Université de Breslau (Paris, Giard et Brière, éditeurs. Prix : 2 fr.). - Dans ce petit volume de deux cents pages, M. Werner-Sombart n'a rien proposé, rien supposé; mais il a remarquablement exposé les doctrines socialistes et l'histoire du mouvement social au dix-neuvième siècle. ! M. Werner-Sombart définit très justement le mouvement social : l'ensemble de toutes les tendances d'une classe qui ont pour but de transformer l'organisation sociale existante d'une façon fondamentale et conforme aux intérêts de cette classe. • • Viennent ensuite un tableau un peu dédaigneux du socialisme utopique, une esquisse des origines de la lutte des classes et de l'agitation prolétarienne, en France, en Angleterre et en Allemagne, puis une étude très sympathique à Karl Marx, et enfin une constatation de l'uniformité du développement économique et du développement parallèle des courants socialistes contempo- •
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==