La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

500 LA REVUE SOCIALISTE luttes entre le « parti prêtre » et le parti libéral. L'on sait que le triomphe du« parti prêtre» fut cause de la révolution de 1830. Sous Louis-Philippe, il suffit d'évoquer les noms de Lamennais et de Montalembert, et de se souvenir des premières rencontres entre l'Université et le néo-catholicisme, c'est-à-dire toujours au fond l'Église, voulant accaparer l'éducation de la jeunesse française, et y réussissant presque avec Louis Napoléon, - grâce à la loi Falloux, qui fit l'accord parfait pendant quelques années entre l'Église et le second Empire. L'expédition de Rome, Mentana .et le concile du Vatican sont des événements trop connus pour que nous insistions .... Napoléon Ier avait étt'.:défait autant pour avoir restauré politiquement l'Église que par son insociabilité guerrière. Napoléon III, conduit à Sedan par la justice immanente des choses, paya aussi le tort de s'être abandonné à l'Église. ·Quant à la France, elle paie encore aujourd'hui les faible;ses ambitieuses des deux Napoléon, et la pauvreté d'esprit de certains libéraux qui crurent réellement que Pie IX accomplirait la réconciliation de l'Église catholique et de la société moderne. L'eau bénite de la cour pontificale et l'eau bénite dont furent aspergés en 1848 les arbres de la liberté n'avaient d'autre but que d'aboutir à la possibilité de la promulgation de l'odieux Syllabus. Notre troisième Rcpublique est retombée dans les mêmes fautes. Tri.:s vite fatiguée de la bataille anticléricale, la voilà qui croit ù la poudre aux yeux de Léon XlII. Il est vrai que si la bourgeoisie au pouvoir se cléricalise, c'est par peur du prétendu péril de gauche. M. Debidour, qui n'a cependant fait œuvre que d'historien très documenté et de narrateur tn'.:s fidèle aux faits et aux textes, l'avoue lui-même : « Le péril, c'est la démocratie, qui coule à pleins bords, c'est le suffrage universel, qui a mené au césarisme, mais qui mènera plus tard à la République et qui, balayant toute oligarchie, fera du gouvernement la chose de tous. » En attendant, M. Méline n'est peut-être pas loin d'être disposé à collaborer à une nouvelle loi Falloux, et la bourgeoisie se répète le mot de Cousin, au lendemain de la révolution de février 1848 « Courons nous jeter aux pieds des évêques. >> A. V. L'année sociologique, publiée sous la direction de M. ÉMILE DuRKHEIM, professeur à la Faculté des Lettres de l'Université de Bordeaux (1re année, 1896-1897). 1 vol. in-8° de la Bibliothèque de Philosophie contemporaine, 10 fr. (Paris, Félix Alcan, éditeur.) - A part deux mémoires originaux, l'un de M. Durkheim sur les origines profondes de la prohibition de l'inceste et de l'exogamie; - l'autre, assez obscur, de M. le professeur Simmel, de Berlin : « Comment les formes sociales se maintiennent; » - l' A1111ée sociologique cite une foule de livres et en analyse beaucoup qui l'ont déjà été par la Revue Socialiste. Et comme au surplus l'on ne résume pas des résumés, cela fait deux raisons qui empêchent de rendre compte de l'heureux essai tenté par M. Durkheim . . Mais il fallait signaler ce projet de rechercher chaque année dans les travaux historiques, ethnographiques, statistiques, tout ce qui peut it1téresser le

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