MOUVEMENT SOCIAL Les salaires distribués aux sociétaires dans l'année ont pu être évalués à 6,370,000 francs, ceux des auxiliaires à 5,875,000. Les capitaux souscrits étaient en fin d'exercice de 13,050,000 francs et les capitaux versés de 11,715,000 francs, non compris les capitaux dus aux actionnaires démissionnaires, ni les comptes courants de sociétaires, consolidés et figurant a:.1bilan. Le chiffre total des ventes de l'exercice s'élevait à 29,900,000 francs ayant laissé un bénéfice total de 2,400,000 francs. La comparaison des chiffres de 1895 avec les données obtenues pour Paris seulement pa~ l'enquête du ministére de l'intérieur donne les résultats suivants. Il y avait, fonctionnant à Paris, en 1885, 7r sociétés, 84 en 1895. Le capital souscrit est indiqué pour 1885 comme étant de 7,400,000 francs. Toutefois, il s'agit là non seulement du capital souscrit par les actionnaires en exercice, mais aussi de la portion non encore remboursée du capital souscrit par les sociétaires récemment démissionnaires. En sorte que le chiffre correspondant à Paris serait en r895 d'à peu prés 7,750,000 francs. Le capital versé est indiqué, en 1885, égal à 5,350,000 francs, et, fin 1895, il atteint, en tenant compte des démissionnaires non remboursés, 6,350,ooofrancs. Le personnel sociétaire actionnaire était, en 1885, de 4,500 personnes, il tombe à 3,500 en 1895; mais cette chute peut s'expliquer par ce fait qu'il n'y a, dans les 3,500 associés de 1895, presque plus d'étrangers aux professions exercées dans les associations. Dans une lettre adressée au ministre du commerce, où il résume les conclusions résultant de l'enquête faite par l'Office du travail, le directeur de l'office, M. Moron, déclare qu'en tenant compte même de la plus grande rigueur de l'enquête de 1895 il n'apparaît pas, d'aprés ces résultats, que le mouvement coopératif ait beaucoup gagné en puissance à Paris de 1885 à 1895. C'est qu'en effet, à Paris, dit-il, l'élan avait été donné dès 1881, si vif même que beaucoup de sociétés, fondées hâtivement, n'eurent qu'une existence éphémère. En province, si nous avions des chiffres précis par des enquêtes antérieures à la nôtre, nous trouverions probablement de plus sérieux progrès durant la même période; toutefois, ce n'est là qu'une conjecture et non une certitude. Mais on risquerait de conclure trop vite en se bornant à comparer les chiffres extrêmes de cette période décennale. L'année 1885 marque le point culminant d'une période ascendante; l'année 1895 est au contraire en pleine poussée coopérative, et, tout en se gardant de prédire l'avenir, on peut rappeler qu'une impression meilleure se dégage de la comparaison des chiffres sommaires de 1897 et de 1881 : 92 sociétés subsistent à Paris au 1er janvier 1897, contre 51 en 1883 et une trentaine au début de 1881. L'activité des associations ouvrières de production, conclut M. Moron,
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