LA REVUE SOCIALISTE bénéfices totaux des entreprises industrielles ; 2° rendre compte des déformations qu'a subies l'idée coopérative primitive, à travers les nécessités pratiques, en montrant les divers types actuels d'association ouvrière et en constatant l'extension prise par chacun d'eux ; 3° démontrer par catégories· le personnel de ces associations, évaluer leur production, donner les éléments de leur situation financière ; 4° indiquer leurs échecs ou leurs succès et livrer les documents permettant d'en rechercher les causes. L'Office du travail vient de terminer cette enquête et il en public aujourd'hui le résultat dans un important volume, d'où nous extrayons quelques chiffres caractéristiques sur le développement actuel de l'association ouvricre de production en France. Déduction faite d'une vingtaine de sociétés coopératives de production dans lesquelles les enquêteurs n'ont pas retrouve tous les éléments fondamentaux de l'association ouvricrc, l'enquête a porté encore sur 213 socictés, ayant fonctionné en 1895 ou en 1896. Sur cc total, 200 ont été l'objet d'une enquête auprés des directeurs et gérants sur les lieux de travail, dans la seconde moitié de l'année 1896 ou au début de 1897; les autres, soit 13, ou bien avaient disparu sans laisser de traces, ou bien (dans deux cas) étaient deja connues par des documents suffisamment complets et authentiques. Ces 213 sociétés se composent de 140 sociétés fonctionnant déja au 1er janvier 1895, 32 sociétés ayant débuté en 1895 et 41 en 1896. En tenant compte des disparitions (11 en 1895 et 18 en 1896), on Yoit que 172 socictés ont fonctionné en 1895 dont il restait 161 au 1er janvier 1896, et 202 ont fonctionné en 1896 dont il restait 184 au rc•· janvier r 897. Si l'on considére spécialement les sociétés ayant fonctionné en 1895, dont les comptes annuels ont été arrêtés pour cet exercice au cours du premier semestre 1896 et pour lesquelles, dés lors, l'enquête faite en 1896 a pu donner des résultats plus complets, on caractérisera ainsi l'activite, pour une année, de l'ensemble des associations ouvrières de production : Dans les r 72 associations ouvrières ayant fonctionné en r 89 5, les unes (130) toute l'année, les autres (42) une partie seulement de l'année, on comptait 9,000 associés presque tous ouvriers, quelquesuns anciens ouvriers. Tous les associés ouvriers ne travaillaient pas dans les ateliers sociaux, car le total des effectifs maxima de chaque atelier au cours de l'année, en ouvriers sociétaires, ne s'élevaient qu'a 4,900, tandis que le minimum s'abaissait a 4,000. Par contre, des auxiliaires non associés étaient employés, dont le maximum et minimum, calculés comme pour les sociétaires, se montaient a 6,700 et 4,300. Environ moitié de ces auxiliaires participaient aux bénéfices, lorsqu'il y en avait.
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